• en
  • fr


Limites et bénéfices des Kyu chez les enfants

Auteur : Alain Foltzer
,

Limites et bénéfices des Kyu chez les enfants

Bénéfique mais risqué si les ressources pédagogiques ne sont pas au rendez-vous (et probablement plein d'autres choses en plus). La motivation est au centre du débat.

Pour cela, il est intéressant de mieux comprendre ce en quoi le grade (kyu) participe dans la formation du jeune karatéka et d'analyser son impact non pas sur le moment mais sur le long terme (La motivation intrinsèque étant recherchée).

Comprenez bien que le but de cette réflexion permet entre autre de comprendre comment mieux étaler dans le temps les diverses méthodes qui peuvent soutenir la pratique du karaté dès le plus jeune âge en vu de se projeter plus loin dans le futur : Une approche pédagogique d'abord orientée vers le développement de l'enfant pour ensuite devenir traditionnelle sur du long terme afin d'embrasser toute la dimension culturelle du karaté. La théorie de la motivation de Decy et Ryan (mais pas que) est une bonne accroche pour entamer cette analyse.

.

.

En réalité la question est complexe et sa réponse va dépendre de nombreux déterminants.
L'un d'eux par exemple est le fait que les Kyu sont institués comme repères de progression. Par "institués" il faut comprendre qu'ils sont devenus culturels et donc adossés à la formation du débutant (depuis 1926 à priori).
Le risque est le lien de dépendance qu'une progression par grades peut produire chez le débutant et surtout les enfants.
On parlera alors de motivation extrinsèque dès lors que ce qui régule la poursuite de la pratique est moins le plaisir que le résultat. Vous l'aurez compris, si le résultat se fait trop attendre ou n'est pas reçu ou perçu comme un juste retour sur investissement de la part de l'élève (ou des parents), la probabilité d'abandon augmente.
.
Seulement le karaté et d'autres arts martiaux sont saturés en "implicite" (au seul fait de faire pour acquérir), ce qui laisse trop de place à toutes sortes de justifications (parfois selon un biais de complaisance) qui peuvent ne pas coller avec la réalité : Celle réellement vécue du point de vue des élèves et pas seulement celles qui nous satisfait en tant qu'enseignants ou parents.
.
Je veux par exemple parler de la façon dont en réalité on démotive les élèves dans un dispositif supposé les motiver : Le passage de grades.
.
Pour ma part, en ce qui concerne les enfants, je suis contre les passages de grades formels de type examen : Ils génèrent plus de stress qu'ils ne créent de bénéfices à cet âge.
Ils ne font que s'opposer au climat motivationnel que je cherche à maintenir : Le plaisir de pratiquer (motivation intrinsèque) et le progrès  personnellement ressenti (but de maîtrise).
.
Pour cela, j'utilise les évaluations en cours de formation en incluant une stratégie d'évaluation par capitalisation sachant que chaque critères de réalisation de l'ensemble des éléments techniques supports jalonnant leur progression jusqu'à la ceinture marron est affiché sur une planche murale dans le dojo + 1 version personnelle qui leur est donné pour les aider à se situer dans la progression (compétiteurs compris).
En cela je tente d'éviter d'être approximatif dans le sens où cela pourrait masquer un fonctionnement implicite persistant dans les faits.





Partager cet article