Karaté et arts martiaux | Actualités FF-karate | Kata karaté shotokan, shito ryu | karaté enfants et débutants | formation DAF, DIF, BEES karate | Sciences et karaté | Karate scolaire | Boutique DVD karaté| Forum de référence sur le karate et les arts martiaux

Sciences et arts martiaux

 

Les modes de déplacements chez l'homme normal et en arts de combat


(JORRESCAM 1998)

 

Jacques CRÉMIEUX - CNRS-NBM BP 71, 13402 Marseille CEDEX 20

 

Mots clés : locomotion, déplacements, arts martiaux, arts de combat.

 

Les arts de combat faisant partie des activités humaines, dans le registre de la motricité, on peut se poser les questions suivantes : utilise on les mêmes modes de locomotion en arts martiaux et en sports de combat que dans la vie courante, ou en a t-on inventé de nouveaux? Et les a t-on étudiés?

Le besoin de mobilité de l'homme l'a poussé à développer une grande variété de moyens artificiels de locomotion, depuis l'utilisation d'animaux jusqu'à des véhicules artificiels terrestres, aquatiques, aériens ou spatiaux, mais ceux-ci n'ont pas remplacé ses anciens modes de locomotion. Ces techniques artificielles ont, par ailleurs, presque toutes trait au transport à longue distance (sauf à de rares exceptions, tapis roulant par exemple). On ne discutera que des moyens naturels de locomotion, bien que des moyens artificiels aient parfois été développés, comme chez les ninjas l'utilisation de flotteurs pour se déplacer debout sur l'eau.

Sur les petites distances, par contre, et plus particulièrement les très courtes distances qui sont typiques des déplacements en arts de combat, nous pouvons observer chez l'être humain (en fonction de son âge) la gamme entière de mouvements de locomotion typiques de notre espèce. Il v a de nombreuses variantes locales, en fonction des différentes cultures et des différences individuelles. Suivant le découpage des comportements locomoteurs qu'il fera, par exemple sur des critères biomécaniques ou éthologiques, l'observateur en classifiera plus ou moins. Bien que de nombreux auteurs se soit intéressé à la locomotion avant lui, on peut dater le début de l'étude scientifique des modes de locomotion aux travaux de Marey, et celui ci, en 1873, a tenté de classer les différents modes de locomotion et en distingué 7, en fonction du milieu et de la force d'appui exercée.

 

Cette description en fonction du milieu a été reprise par les 3 pistes d'André-Thomas (1940): on a chez l'homme l'utilisation de la piste terrestre surtout, aquatique (nageur de combat) et aérienne (peu, pendant les sauts). On peut y rajouter une quatrième, la piste spatiale, plus récente, intéressant fortement les militaires, mais pas encore, sauf dans les mangas et la SF, les arts de combat. Bien qu'une utilisation d'un mode de déplacement assez proche soit fait parfois en gymnastique ou en entraînement militaire, nous laisserons de coté la locomotion arboricole (Sème piste), où la préhension par les mains est aussi importante que celle des pieds. Un autre type de classification en trois catégories est aussi possible en tenant compte seulement du nombre de membres porteurs (un, deux ou quatre), jusqu'à, en adoptant une démarche éthologique, une classification en 20 (Morris, 1992) ou plus (jusqu'à 36) manières fondamentales pour les individus de mouvoir l'ensemble du corps d'un point à un autre, sans l'aide de moyens artificiels. Ces différentes classes peuvent en fait se réduire en un plus petit nombre de catégories : Se traîner et ramper; La marche; La course, dont le trot et le sprint; Le saut, dont le sautillement sur une jambe, et le petit saut (la gambade) par sautillement alterné d'un pied à l'autre; L'escalade; Le balancement à bout de bras; Les nages; Les acrobaties : la roue, la galipette, marche sur les mains...

 

Sans entrer dans les détails techniques biomécaniques ou physiologiques, les éléments essentiels de la marche humaine sont les suivants : à chaque pas, le pied est placé sur le sol, talon d'abord. Puis, tandis jusqu'à ce que la pression soit supportée par la plante du pied, juste derrière le gros orteil. Le talon a maintenant quitté le sol et ce pied est prêt pour le dernier mouvement des orteils qui repoussent le sol. Mais ce mouvement n'a lieu que lorsque l'autre pied a touché le sol. Pendant la marche, il y a sans cesse un ou deux pieds sur le sol en même temps. Le marcheur ne passe jamais par une phase où les 2 pieds n'ont plus de contact avec le sol. C'est la différence essentielle entre la marche et la course et aussi le saut. La marche peut se subdiviser en de multiples sous-classes, comme le pas de promenade, le pas traînant, le pas rapide, la marche sur la pointe des pieds, le pas militaire, le pas de l'oie, la balade, le pas tranquille, le pas du lambin, le dos courbé, le dandinement, le clopinement, le vacillement ou chancellement, la claudication : allure asymétrique (boiter), le pas du rôdeur, les petits pas : marcher à pas rapides mais très courts, les petits pas glissés, le pas élastique, le pas avec effets de torse, le pas du fanfaron : léger mouvement de balancement, le roulis : marcheur qui se balance, le pas gymnastique, le pas lourd, le pas bondissant, le pas honteux, le tortillement des hanches, le pas précipité, le pas laborieux, le pas pressé, le pas affairé, le pas pétulant.

 

Si nous considérons toutes ces formes de locomotion, il est clair que l'homme, tout en gardant la marche comme mode dominant, se déplace de façon très variée, même en dehors de techniques particulières aux arts de combat, utilisant des changements de postures spécifiques (comme la fente avant ou la posture du chat) qui ont rajouté encore plus de diversité. En fait, depuis Marey, des moyens d'études variés ont été développés, tel l'utilisation d'EMG, de plates-formes de force ou de système d'analyse du mouvement, et de très nombreuses études ont été effectuées sur la marche du sujet normal et dans quelques pathologies particulières, ainsi que sur la course. Malheureusement, très peu d'études expérimentales ont été consacrées aux modes de déplacement spécifiques aux arts de combat. On pourra citer un exemple de travail descriptif (Courtomie, 1994) se situant au niveau de l'anatomie fonctionnelle des muscles impliqués dans les déplacements de karaté; sinon on trouve seulement des descriptions qualitatives de la bonne façon de se déplacer.

 

En conclusion, une analyse scientifique détaillée de toutes les nuances dans la démarche individuelle reste à faire. Comme très peu a été fait dans l'étude scientifique des différentes démarches existantes en arts de combat, un champ d'investigation important s'ouvre encore aux chercheurs. Les résultats de ces études pourraient avoir une grande importance non seulement pour les praticiens des arts de combat, mais aussi pour les retombées qu'elles pourraient avoir comme applications en rééducation fonctionnelle, par exemple l'utilisation d'une technique dérivée du pas glissé des judokas chez des personnes chuteuses.

 

Bibliographie

André-Thomas A.S. (1940). Équilibre et équilibration. Paris: Masson et Cie. (Eds.). 567 p. Courtone C. (1994). Anatomie du karaté. La connaissance du corps. Chiron, Paris, 199 p. Marey J. (1873). La machine animale. Rééditions Revue E.P.S. (1993) Paris. 299 p. Morris D. (1992). La clé des gestes. Grasset (Paris). 320 p.

La voie pédagogiqueDVD Karaté enfants

Pour se former, se diversifier : Une véritable encyclopédie pédagogique pour karaté enfants et débutants..

 

A partir de 19,80 €

En savoir plus

Digital trainerCalculateur de frappe

Il mesure la puissance des frappes sur cible. Véritable outil pédagogique et de progression personnelle.

 

119.85 €

En savoir plus

Kits pédagogiquesCircuits pédagogiques

Kits pédagogiques conçus pour la pratique du karaté et des arts martiaux. Pour peits et grands.

 

A partir de 33.56 €

En savoir plus

Foulards épinglésFoulards épinglés

Une exclusivité infokaraté. Foulards servant de cibles à attraper que l'on attache sur le kimono

 

1.89 €

En savoir plus