ROLE DE LA DOMINANCE OCULAIRE EN SPORT D'OPPOSITION DUELLE : CONSTATATIONS ET PERSPECTIVES D'INTERPRETATION
(Résumé simplifié - JORRESCAM 1992)Guy AZEMAR, Jean-François STEIN - INSEP, Laboratoire de Neurosciences du Sport 11, avenue du Tremblay, 75 012 PARIS
Depuis une dizaine d'années, notre attention a été attirée par des effets probables de la dominance oculaire sur les performances dans la pratique des sports d'opposition duelle (ONO et BARBEITO, 1982; AZEMAR, 1988). D'une part, des enquêtes sur la latéralisation des sportifs de haut niveau ont montré la fréquence exceptionnelle des formules de la latéralité oeil-main croisées (DG et GD) dans l'élite de certaines disciplines (escrime, tennis de table, boxe, etc...)
D'autre part, des mesures de TR dans des tâches de détection en vision périphérique ont révélé que les performances comparées des deux mains n'étaient 'pas liées à la prévalence manuelle mais dépendaient de la dominance oculaire : les meilleurs TR revenaient à la main contralatérale à l'œil dominant.
Dans d'autres conditions expérimentales, il est apparu que le TR est plus court dans l'un des hémichamps latéraux, en relation avec la dominance oculaire. Il s'agit, selon les conditions expérimentales, soit de l'hémichamp ipsilatéral, soit de l'hémichamp contralatéral.
Plus récemment, nous avons eu recours à des situations expérimentales imposant aux sujets des réponses par pointé de l'index sur l'une ou l'autre de deux cibles situées à 12° à gauche et à droite du point de fixation du regard. Le stimulus impératif apparaît au centre de chaque cible. Dans 1 cas sur 5, ce stimulus survient sans présignal. Le présignal (flèche en direction d'une cible) est valide dans 80 % des cas et erroné pour 20 % d'entre eux. Le délai entre présignal et signal varie de 50 à 600 ms (SOA). Sont comparés les TR, TM, précision et nombre d'erreurs en fonction des conditions d'information (sans présignal ; présignal valide ou erroné ), de la SOA, de l'hémichamp où survient le signal, de la dominance oculaire, de la main de réponse, et de la prévalence manuelle des sujets.
Il apparaît, comme prévu, que la prévalence manuelle exerce un effet dès lors qu'intervient un mouvement du membre supérieur vers une cible, mais on retrouve encore des effets de la dominance oculaire en fonction de l'hémichamp visuel.
Cet ensemble de résultats nous conduit à un modèle interprétatif s'appuyant sur les processus centraux qui contrôlent les réactions visuo-manuelles.
Un tel modèle semble en accord avec les constatations de terrain au plus haut niveau de la compétition sportive.
Références :
ONO H, BARBEITO R. (1982). The cyclopean eye vs. the sighting-dominant eye as the center of visual direction. Percept. Psychophys., 32, 201-210.
AZEMAR G. (1988) Asymétries fonctionnelles et performances visuo-motrices. In: Neurosciences du Sport. H. Ripoll et G. Azemar (Eds.) Paris, INSEP.









