Composantes biodynamiques de l'action de casse de matériaux dans les arts martiaux
Rapport simplifié, JORRESCAM 1996Antoine BAGADY - CNRS - Institut Alfred Fessard, Av. de la Terrasse, 91198 Gif sur Yvette Cedex
Plusieurs disciplines issues des Arts Martiaux, notamment celles associées aux Arts de Combat de percussion, utilisent un moyen de quantification de l'efficacité du coup, par la casse de matériaux à résistance variable dénommée Shiwari enjaponais.
Le "Shiwari" est pratiqué sous deux formes :
La casse active qui consiste à utiliser des ressources dynamiques du corps (pieds, poings, coudes, tranchant des mains, doigts, etc..) en cassant des matériaux en position stable (tuiles, parpaings, planches, manches en bois, bouteilles, etc.).
La casse passive s'effectue à deux et permet de briser des matériaux sur des surfaces précises du corps receveur (tête, dos, cuisses, bras, abdominaux, thorax, etc..). Le receveur, en position statique, ne sert que de support aux matériaux. Le "casseur" émetteur a le choix parmi trois modes possibles : l'usage d'un outil (marteau, masse, nunchaku, lance, sabre, etc...); la projection du matériau lui-même (bâton long, tuile, etc.) ; un combiné casse active/passive, c'est-à-dire qu'il va utiliser une partie de son propre corps pour casser le matériau posé sur le partenaire.
La rupture du matériau dépend, entre autre, de la densité, de l'élasticité et du poids sur la surface de contact engendré par la célérité du coup. La partie supérieure est comprimée au moment du choc alors que la partie inférieure subit une élongation (FELD, M.S., McNAIR, R.E., WILK, S.R. ; 1979). Le point de rupture aura lieu d'abord à la base inférieure du matériau, le centre de gravité étant violemment déporté vers l'extérieur. Cette déflexion ou distance parcourue par le centre de gravité induit la rupture.
L'action de casse, certes spectaculaire, n'est régie que par des lois de la physique dynamique associées à celles des techniques de coups de pied ou poing décrites par BLUM, H. (1977).









