La prise en charge des comportements déviants chez les jeunes par la pratique éducative des Sports de Combat et Arts Martiaux. Etude d'un cas limite (monographie)
Résumé simplifié - JORRESCAM 1996Stéphane DERVAUX - Université Paris X-Nanterre 9, rue Paul Bert 92700 Colombes
INTRODUCTION
Outre l'échafaudage terminologique préliminaire, mais nécessaire pour lever toute ambiguïté quant à la polysémie de certains termes (violence, agression, agressivité, déviance, sport de combat, arts martiaux), cette recherche doctorale se focalise en quelque sorte sur 'le traitement de la violence par la violence'. A cet effet, nous tenterons de pointer les principales théories explicatives du problème des violences chez les jeunes (théories internes, courant béhavioriste et courant sociologique), tout en insistant sur la réelle ampleur du phénomène (quantification, localisation, conséquences sur les jeunes et sur autrui) et de mettre en avant les différentes approches dites traditionnelles, qui s'avèrent être un échec dans la perspective de la prise en charge de 'cas-limites'. Notre étude portera sur l'analyse d'une institution 'marginale', le Centre d'Activités Sportives de Roubaix. Nous tenterons, dans une visée évaluative, de comprendre le mode de fonctionnement d'une telle institution, en relevant le mode d'implantation et l'évolution du C.A.S ainsi que le profil des 'instructeurs' et du responsable. L'objet central de la recherche est de répondre à la question :
Peut-on légitimer le recours à de telles interventions éducatives, dont l'outil principal reste le corps, au travers d'activités de combat très peu conventionnelles ?
ASPECT METHODOLOGIQUE
Nous avons, d'une part, opter pour l'observation participante, afin de pouvoir juger par nous-mêmes des pratiques éducatives mises en œuvre au sein de cette institution. D'autre part, nous nous centrerons sur le vécu des premiers concernés, à savoir les 'usagers'qui sont passés dans cette association (pour une période comprise entre 3 et 5 ans), en utilisant pour outil principal d'investigation l'entretien. C'est à l'analyse du discours que nous nous intéresserons, afin d'évaluer, autant que faire se peut, les apports et éventuelles modifications comportementales (positives) dans le sens d'une acquisition de conduites pro-sociales, inhérentes à cette expérience, en insistant sur l'aspect d'évaluation participative de cette population. Dans l'optique d'un enrichissement de la perspective de cette recherche, nous prendrons également en compte l'avis d'experts (acteurs sociaux - pratiquants de sports de combat et arts martiaux). Nous espérons de la sorte dresser une liste d'hypothèses et de recommandations, garants de la réussite de telles mesures, somme toute peu 'orthodoxes '.
Anticipation des résultats
A ce jour, l'essentiel du travail reste à fournir, soit l'analyse de contenu des différents entretiens effectués (au nombre de 20). Toutefois, quelques axes de réflexion se dégagent après une première lecture des retranscriptions effectuées : il apparaît qu'une telle institution trouve son fondement dans l'attitude très charismatique du responsable et fondateur du C.A.S, ainsi que dans l'image rassurante renvoyée par les 'instructeurs' de sports de combat. De nombreux processus identificatoires semblent être mis en œuvre, aussi bien au niveau du groupe qu'au niveau des éducateurs.
Les sports de combat, enseignés de façon peu traditionnelle, avec une multitude de rites d'appartenance à un groupe à part, semblent être, en plus d'un moyen d'accrochage et d'ancrage pour ces jeunes en rupture avec la société, un excellent moyen de réappropriation de valeurs de base, telles que la ponctualité et le respect.
DISCUSSION
Cette étude se veut être un tremplin pour des recherches à venir plus approfondies sur la problématique d'une éventuelle réinsertion sociale par la pratique des sports de combat et arts martiaux. D'ores et déjà, l'activité physico-mentale qu'est l'activité de combat, avec son versant (ré)éducatif, n'est qu'un moyen, un outil, qui ne se suffit pas à lui-même en matière de prise en charge des cas-limites. Le message éducatif, qui renvoie inévitablement à la formation des intervenants, demeure la véritable fin de l'acte pédagogique. Aller au-delà du paradoxe apparent du traitement de la violence par la violence ...











