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Sciences et arts martiaux


Sommaire sciences et arts martiaux

 

La pratique des arts martiaux internes permet elle l'accés à une meilleure représentation posturale du corps ?


(JORRESCAM 2002)



Gorgy O - Psychomotricien d'Etat, DEA de Neurosciences, Doctorant en sciences du sport (laboratoire d'Ergonomie et Performance Sportive, STAPS - Toulon),


Dans leurs formes dites internes, les arts martiaux chinois se regroupent sous 3 disciplines principales : 1/ Le Hsing Mi, 2/ Le Tai chi chuan, 3/ Le Pa Koua.
L'intérêt thérapeutique du Tai chi Chuan est pointé par de nombreuses études cliniques, notamment chez la personne âgée, où les processus d'équilibration sont améliorés (Gorgy O., 1996 ; Wolf S.L. et coll., 1997 ; Main T.C et coll., 1999 ; William W.N. Tsang et coll., 2001). D'autres facteurs tels la force, le sens kinesthésique et les capacités physiques en général (Hong, Y.L. et coll., 2000 ; Lan, C. et coll., 2000 ; Jacobson B.H. et coll., 1997) peuvent être influencés. La particularité du Tai Chi Chuan est la lenteur d'exécution associé à l'organisation du geste. Les processus de régulation sont ici distincts de ceux investis dans le mouvement rapide, et utilisent le feed-back permanent surtout au travers de la modalité proprioceptive musculaire.
Nous évaluerons dans un premier temps les performances en équilibre de gymnastes que nous comparerons à celles d'experts en Tai-chi-chuan. Nous vérifierons les capacités de représentation du schéma corporel de ces 2 groupes de sujets par l'intermédiaire d'épreuves cliniques. Dans un deuxième temps nous explorerons le sens de la position articulaire d'un groupe de sportifs et celui du groupe d'experts en Tai-chi-chuan au travers d'une épreuve de positionnement. Notre hypothèse est que le groupe d'experts en Tai-chi-chuan serait plus performant pour l'épreuve de positionnement, et dans ce sens aurait une meilleure représentation du schéma postural du corps.
Le sens de la position articulaire est tributaire de la proprioception musculaire (Goodwin G.M. et coll., 1972; Gandevia S.C. et coll., 1992), celle-ci étant à l'origine de la construction d'un modèle de référence interne au mouvement, d'un cadre postural au geste (Asatryan D.G. et coll., 1965 ; Feldman A.G.etcoll., 1995).
La régulation lente du geste implique un travail sur les caractéristiques proprioceptives du mouvement ; ceci permettrait au pratiquant d'affermir et ou de développer son sens de la position articulaire (Gorgy, 2001 ). Un travail spécifique sur la représentation posturale du corps pourrait étayer la représentation du schéma corporel et par extension les capacités posturo-cinétiques (Bouisset S. et Maton B., 1995); alors les arts martiaux chinois internes utilisant le mouvement lent semblerait offrir un intérêt pour les pratiquants.


Proprioception ; sens de la position ; mouvement lent ; schéma postural ; schéma corporel.
Thème : Neurosciences, psychologie - support : transparents - adresse : Université Toulon - Var- BP 132 - 83957 a Garde CEDEX (France) - e mail : z43@club-intemet.fr

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La pratique des arts martiaux internes permet elle une meilleure représentation posturale du corps?


Dans leurs formes dites internes, les arts martiaux chinois se regroupent sous 3 disciplines principales :
1/ Hsing Hi. 2/ Le Taï Chi chuan. 3/ Le Pa Koua.

Lors de l'entraînement ces formes peuvent être travaillées séparément mais s'associent lors de la formation au combat. Ici nous soulignons le caractère complémentaire des pratiques reliées aux arts martiaux chinois internes.
L'intérêt thérapeutique du Tai chi Chuan est pointé par de nombreuses études cliniques, chez la personne âgée, où les processus d'équilibration sont souvent améliorés (Gorgy O., 1996 , Wo S L et coll., 1997 ; Hain T.C et coll., 1999 ; William W.N. Tsang et coll., 2001). D'autres facteurs tels la force, le sens kinesthésique et les capacités physiques en général (Hong, Y.L. et coll., 2000 ; Lan, C. et coll. 2000 ; Jacobson B.H. et coll., 1997) peuvent être influencés par la pratique du Tai-cni-chuan qui a comme particularité d'utiliser la lenteur d'exécution à l'organisation du geste. Les processus de régulation sont ici distincts de ceux investis dans le mouvement rapide car utilisent le feed-back permanent surtout au travers de la modalité proprioceptive musculaire. Le mouvement lent s'accorde à une régulation en rampe où les afférences sensorielles concomitantes à l'exécution du geste sont utilisées à chaque moment. Ceci fournit au pratiquant un flux d'informations lui donnant la possibilité
de réactualiser à chaque instant les paramètres du mouvement (équilibre, tonus musculaire, coordinations alternées et rapport de symétrie entre les parties corporelles).


Dans notre étude, nous évaluerons dans un premier temps les performances en équilibre (test de Romberg ; Test d'Extension Fonctionnelle) de gymnastes de haut niveau que nous comparerons à celles d'experts en Tai-chi-chuan. Nous vérifierons les capacités de représentation du schéma corporel de ces 2 groupes de sujets par l'intermédiaire d'épreuves cliniques (questionnaire de préférence manuelle de Dellatolas ; test de la latéralité fonctionnelle de Harris ; test de Piaget et de Head).

Dans un deuxième temps nous explorerons le sens de la position articulaire d'un groupe de sportifs de haut niveau et celui du groupe d'experts en Tai-chi-chuan au travers d'une épreuve de positionnement. Notre hypothèse est que le groupe d'experts en Tai-chi-chuan serait plus performant pour l'épreuve de positionnement articulaire, et dans ce sens aurait une meilleure représentation du schéma postural du corps.


Le sens de la position articulaire est tributaire de la proprioception musculaire (Goodwin G.M. et coll., 1972; Gandevia S.C. et coll., 1992), celle-ci étant à l'origine de la construction d'un modèle de référence interne au mouvement, d'un cadre postural au geste (Asatryan D.G. et coll., 1965 ; Feldman A.G.etcoll., 1995).


La régulation lente du geste implique un travail important sur les caractéristiques proprioceptives du mouvement (couple contraction-étirement et contraction-relâchement) ; ceci pourrait permettre au pratiquant de jouer sur les seuils perceptifs du mouvement, en vue d'affermir et ou de développer son sens de la position articulaire (Gorgy, 2001). Ce sens de la position est indépendant du sens du mouvement (Clark, 1985) car, selon les auteurs, si on baisse la vitesse du mouvement jusqu'à se situer sous son seuil perceptif ceci n'entrave pas la faculté d'évaluer la position articulaire finale du membre impliqué. Cependant, l'appréciation d'un déplacement (en centimètre) d'un membre associé à un mouvement (passif et lent) est légèrement plus précise que l'appréciation d'un déplacement associé à un changement de position articulaire sans sensation de mouvement (Goldscheider in Cohen, 1958). De plus l'appréciation de l'amplitude du déplacement (en degré) associé à un mouvement lent est plus précise lorsque le mouvement est exécuté activement (Lloyd, 1965). L'évaluation par un sujet de la position de la jambe après mouvement lent actif (flexion-extension autour du genou) varie en précision en fonction de l'amplitude angulaire du mouvement, ceci allant vers une baisse de précision pour les positions extrêmes. L'exactitude de l'appréciation de la position du membre est élevée dans les déplacements d'amplitude intermédiaire (Entre 10 et 40 degrés). Ceci signifie qu'il existe comme une passante d'intégration de la proprioception musculaire et ligamentaire pour déterminer lala position articulaire. D'autres auteurs (Vallbo, 1981) pensent que le poids des informations proprioceptives pour le sens des positions, baisse au fur et à mesure que le mouvement actif perd de sa vitesse et de sa force. Un seuil minimum d'activation musculaire tonico-volontaire serait requis afin d'exploiter les informations proprioceptives. Un mouvement actif de la main très lent et avec très peu force dépendrait selon les auteurs plus des afférences cutanés et visuelles pour être régulées car correspondant ici a un processus d'approche d'objet en vue d'une saisie manuelle. Donc la part des informations proprioceptives musculo-ligamentaires qui intéresse la perception de la position articulaire dépendrait de facteurs d'amplitude angulaire, de vitesse du mouvement, d'intensité de l'effort. Le sens du mouvement dépendrait de facteur de vitesse, d'amplitude de déplacement et de tension ligamentaire (Clark, 1985), sachant qu'une baisse de tension ligamentaire baisserait la sensation des mouvements lents. Un travail spécifique sur la lenteur du geste pourrait permettre de
faire varier les facteurs influençant le sens du mouvement et de la position. L'évaluation d'un déplacement associé au sens du mouvement dépendrait de la sensation des variations angulaires en rapport avec le niveau tonique du muscle, alors que l'évaluation d'un déplacement associé au sens de la position dépendrait d'un sens statico-positionnel relatif à la diminution des facteurs de vitesse, d'amplitude du mouvement, ainsi qu'à celle du niveau tonique du muscle. Varier la vitesse de déplacement et son amplitude, ainsi que le niveau tonique pourrait enrichir la représentation posturale du corps et étayer la représentation du schéma corporel statico-dynamique, et par extension les capacités posturo-cinétiques (Bouisset S. et Maton B., 1995); alors, les arts martiaux chinois internes utilisant le mouvement lent semblerait offrir un intérêt pour les pratiquants.

REFERENCES
Asatryan D.G. et Feldman A.G. (1965), Functional tuning of the nervous System with control of
movements or maintenance of a steady posture - Mechanographic analysis of the work of the joint on
exécution of a postural task, Biophysics, 10(3), 925-935.
Bouisset S. et Maton B. (1995), Muscles, posture et mouvement, Paris : Hermann.
Clark F.J., Burgess R.C., Chapin J.W. et Lipscomb W.T. (1985), Rôle of intramuscular receptors in
the awareness on limb position. Journal of Neurophysiology, 54, 6, 1529-1540.
Cohen L. (1958), Analysis of position sense in human shoulder, J. Neurophysiology, 21, 550-562,
Feldman A.G., Levin M.F. (1995), The origin and use of positional frames of référence in motor
control, Behav. Brain Sci., 18, 723-806.
Gandevia S.C. et Burke D. (1992), Does the nervous System dépend on kinesthetic information to
control natural limb movements ?, Behavioral and Brain Sciences, 12, 614-632.
Goodwin G.M., Me Closkey D.I. and Mathews B.C. (1972), The contribution of muscle afférents to
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afférent, Brain, 95, 705-748.
Gorgy O. (1996), Introduction du mouvement lent en rééducation psychomotrice de la personne âgée
par la pratique du qi-qong. Evolutions Psychomotrices, 8 (31 ), 39-49.
Gorgy O. (2001), Intérêts de l'exercice du mouvement lent chez la personne âgée. Vieillissement et
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Lackner J.R. (1988), Some proprioceptive influences on the perceptual représentation of body shape and orientation, Brain, 111, 281-297.
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Wolf S.L., Barnhart H.X., Coogler CE. et Xu T. (1997), Exploring the basis for Tai Chi Chuan as a
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