Afin de mieux comprendre la stratégie de formation fédérale, voici, le mot du DTN que vous trouverez dans le nouveau livret de formation 2008-2009 :
http://www.infokarate.com/diplomes-FFKa ... F-BEES.phpA retenir en termes de grandes lignes :
- Les CQP et autres BP, BPS ou DE et DES (les équivalents attendus des BEES) sont en "stand by". "Les BEES ont encore de beaux jours devant eux" (cf/le mot du DTN : Livret de formation 2008-2009).
- Recentrage de la formation DIF sur la pédagogie (40h de formation étalées sur 2 niveaux) et non sur les compétences techniques.
De 5 UF, le DIF nouveau passe à 3 : 40h de pédagogie, 20h d'adminsitration et réglementation dans l'environnement fédérale et 10h pour l'anat-physio sans oublier les 24h de participation à la vie associative des ligues, dpts et autres stages.
-Volonté d'accompagnement des DAF à travers une stratégie de formation continue. Ca y est, le terme est officiellement laché. Par ailleurs les équivalences DAF-DIF sont moins "généreuses". Exemple : Le titulaire du DAF se voit allégé de seulement 10h de la formation DIF.
***************************************************************************************************************
La saison 2007 – 2008 devait permettre de préparer les certifications d’une filière de formation rénovée au bénéfice des enseignants de karaté ou d’autres disciplines fédérales. Les contingences politiques en ont décidé autrement et si les travaux en cours continuent d’avancer, leur validation finale reste assez mal programmée. Ces chantiers concernaient d’abord les diplômes qui devaient remplacer les brevets d’Etat d’éducateur sportif du premier et du second degré, les BEES que tout le monde connaît. Conformément aux directives ministérielles, la direction technique nationale de la fédération a entamé les démarches pour bâtir l’architecture de leurs remplaçants, les DE et le DES, respectivement diplôme d’Etat et diplôme d’Etat supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport.
En cours d’année, cependant, une enquête générale commandée par le ministre chargé des sports au professeur Bertsch a finalement jeté un trouble en remettant en cause l’intérêt de ces diplômes, pourtant tout à fait nouveaux. Pas de grave conséquence pour
la fédération française de karaté qui conservera avec bonheur ses brevets d’Etat tant que les nouveaux ne seront pas validés.
Au niveau inférieur, la direction technique nationale avait aussi entrepris un travail pour construire avec les acteurs de la branche professionnelle, un certificat de qualification professionnelle (CQP) dont les titulaires auraient pu se prévaloir pour être rémunérés légalement, à la seule contrainte d’une limite de face à face pédagogique fixée à 300 heures par an.
Les représentants des grandes centrales syndicales n’ont pas encore accepté le principe de ce CQP, craignant que leurs titulaires soient en concurrence avec les titulaires des brevets d’Etat. Cette supposition ne correspond pourtant pas au fonctionnement et au développement du karaté. Il faudra donc patienter encore un peu pour que les négociations aboutissent et permettent enfin la mise en oeuvre des formations, sans doute au niveau régional, qui prépareront les premiers futurs diplômés.
En attendant que les environnements s’éclaircissent sur ces deux formations à venir, l’année 2008 -2009 sera particulièrement consacrée à l’amélioration de notre filière fédérale : le DIF et le DAF.
S’agissant du premier,
le DIF, il convient dans les écoles des cadres de bien considérer que la formation menant à ce diplôme n’est surtout pas une révision des techniques de karaté ou d’autres disciplines qui pourraient s’apparenter dans le pire des cas à une formation strictement technique.Quels sont en effet les grandes qualités que doivent pouvoir acquérir nos enseignants ?
1 – Connaître l’environnement fédéral et institutionnel ;
2 – Maitriser les bases de l’anatomie et de la physiologie ;
3 – Savoir programmer une progression technique sur plusieurs séances et être un bon pédagogue.
Nul doute qu’au préalable, le futur enseignant doit être un bon pratiquant, mais c’est bien préalablement à la formation et en dehors d’elle qu’il devra avoir acquis le grade minimum requis : le 1er dan.
Une fois ce premier niveau technique acquis, le candidat au diplôme pourra se consacrer au mieux à l’acquisition des nouvelles compétences qui lui seront nécessaires pour qu’il produise un enseignement de qualité, c'est-à-dire :
- intéresser ses élèves ; cela sera nécessaire pour les fidéliser et les faire progresser ;
- savoir leur programmer une progression naturelle adaptée, ni trop lente pour éviter l’ennui, ni trop rapide pour ne pas bruler les étapes indispensables pour de bonnes acquisitions techniques, tout en respectant les contraintes physiques des élèves ;
- savoir animer le club, soit par la participation des élèves aux actions de compétition ou de développement : une bonne connaissance du fonctionnement fédéral et des priorités politiques est indispensable ; soit par la participation à des actions mises en oeuvre par les collectivités : c’est très souvent un excellent moyen de faire connaître son activité et d’en tirer profit.
Si ces quelques considérations sont mises en application dans les formations de nos futurs DIF, nul doute qu’ils entameront bien leur carrière d’enseignant et qu’ils récolteront vite les fruits de leur travail. La préoccupation qui devra les animer sera de ne pas s’endormir sur leurs lauriers, notamment en participant régulièrement à des stages, techniques et pédagogiques, qui devront leur permettre d’assurer leur formation continue.
La formation continue, c’est bien l’idée qui doit devenir essentielle dans l’esprit des autres enseignants, qui ne sont
titulaires que du DAF. Incontestablement, ce diplôme de premier niveau permet le développement du karaté par l’ouverture aisée de nouveaux clubs. Pour autant, la formation qui conduit à son obtention reste très courte et elle nécessite absolument des temps de formation continue réguliers.
Je souhaite que les écoles régionales des cadres puissent solliciter chaque année les titulaires des DAF pour qu’ils s’inscrivent à des stages techniques et pédagogiques.Rien ne serait plus dommageable pour l’image du karaté et celle de la fédération que l’enseignement d’instructeurs trop sûrs d’eux du fait de l’obtention rapide d’un diplôme.
Au contraire, plus l’acquisition est aisée, plus doit être soutenue la formation continue.
C’est un message important et j’apprécierais qu’il soit repris par les responsables des écoles régionales des cadres.
Et c’est d’ailleurs le sens qu’il faut donner aux actions que remet en route la direction technique nationale et qui consistent à préparer un programme national de formation aux enseignants.
Quand la saison 2008 – 2009 commencera, une première action de cette nature aura été mise en oeuvre, les cinq plus hauts gradés français ont en effet accueilli les professeurs de karaté durant trois jours à la fin de l’été pour un stage préparatoire à la nouvelle saison. Ce stage a connu un grand succès.
Mais par-dessous tout je souhaite que les professeurs de karaté ou des disciplines associées trouvent à la direction technique nationale le soutien qu’ils sont en droit d’attendre. Nous sommes à votre service.
Le Directeur Technique National
Dominique CHARRE
***************************************************************************************************************
Les enfants, aujourd'hui, sont de véritables tyrans. Ils contredisent leurs parents, bâfrent leur nourriture et tyrannisent leurs professeurs. (Socrate, 470-399 av JC)