de yoyonel le Mer 21 Mai 2008 16:02
Bon alors si il y en a qui passent bientot il serait temps que je me décide à le faire ! ^^
Désolé je mets le tout en vrac, je reviendrai réajuster un peu plus tard.
"Disclaimer" : Etant juge sur Paris, les indications et informations que je vous donne sont issues des "consignes d'harmonisation" décidées en AG sur Paris juste avant le passage.
Attention à vous référer à ce que vous disent les juges, n'oubliez pas qu'ils sont seuls "maîtres" et ont une large marge de manoeuvre pour l'exécution du passage, des épreuves, et leur apréciation.
Petites indications pour ne pas se faire allumer :
- Kimono propre (ça ne va pas de soit pour tout le monde)
- Pas d'ourlets apparents !!! (faire vos reverts vers l'intérieur SI vous devez en faire, le mieux étant d'éviter) => perte de points sur le cérémonial
- Pas de barettes, de Lunettes, ou d'objets metaliques ou en plastique dans la tete ou sur le corps.
- Ne pas hêler le jury, lever la main et s'approcher respectueusement
Indications générales
KIHON
=> Rien de plus à dire que ce qui a été dit précédemment, si ce n'est rigueur technique, kiai à chaque fin d'enchainement, mais Kiai sur une attaque, pas sur une technique de défense !!
Un 3e dan qui nous fait un kiai sur un jodan age uke, OK, mais un 1er ou 2e dan ca me choque car la majorité d'entre eux n'ont pas le niveau pour l'envisager comme une attaque.
KIHON IPPON KUMITE 1er Dan et 2e Dan
=> Sauf indication contraire, Tori attaque à droite puis de suite réitère la même attaque à gauche.
BUNKAI 1er et 2e Dan
=> Attention à votre position de départ, ainsi qu'à votre position d'arrivée
Sur Paris les 1er et 2e Dan effectuent du Kata Bunkai en bonne forme générale.
Ainsi, si l'on vous demande un passage du milieu du kata et que vous partez en hachi dashi vous commencez mal.
Vous devez adoptez la bonne posture issue du mouvement précédent celui que l'on vous demande.
Ce qui est apparent lorsque l'on est jury ce n'est pas trop les positions intermédiaires (que l'on voit mais bon) mais surtout les positions de départ ET d'arrivée.
Une partie des candidats se fait recaler sur le bunkai non pas à cause du bunkai, mais à cause du manque de rigueur technique dans son exécution !
Exemple, nous avons recalé une candidate ayant selectionné Tekki Shodan en kata libre (que l'on dénomme également "spécial" par opposition à "imposé", le terme "spécial" revêt une importance et si on l'utilise c'est réellement que l'on attend que ce kata soit spécial par rapport aux autres).
Sur son kata (UV Kata - tronc commun), sa performance technique est correcte, ses positions également.
Elle obtient un modeste 11/20.
Arrivé au Bunkai (UV Bunkai - Tronc spécifique - voie traditionnelle), nous l'interrogeons sur le démarrage du kata jusqu'au kagi tsuki (soit 5 mouvements de bras).
Elle oublie de croiser le pied gauche devant le droit et part directement.
Je ne l'ai pas noté, mais mon collègue a eu l'oeil et le marmone.
Sa position Kiba Dashi est bonne (sa note en kata est due à l'absence de kime et de rythme et non à l'absence de technique).
Elle effectue le empi, mais pivote le corps.
Si elle s'était retrouvée en position zen kutsu pour l'application, nous aurions eu une tolérance vis à vis de cette liberté qu'elle a prise à modifier les positions du kata car elle serait restée dans une position typique du karate.
Mais elle se retrouve la jambe gauche complètement lâche et le talon à moitié décollé du sol, jambe fléchie dans une position qui ne ressemble à rien.
Même chose lorsqu'elle attaquera un peu plus tard kagi tsuki.
N'étant pas des boeufs (notre volonté, du moins la mienne, est que tout le monde peut être 1er dan, et je ne suis pas là pour casser, mais plutôt pour évaluer et encourager) elle est rappelée deux minutes plus tard pour effectuer un nouveau bunkai (les morote uke).
Même impression.
On est gentil, on la repêche et lui met 10.
Malheureusement elle accumule les bourdes en Jyu Kumite (UV Kumite - Tronc Spécifique) et met notamment en démarrant le kumite un mae geri dans le genoux de son adversaire.
La leçon à en tirer est de faire les choses proprement, car le jury peut vous repêcher une fois (certains ne le feront même pas car nous n'y sommes pas obligés), deux fois (ça devient rare), mais ne vous repêchera pas trois fois.
Et une fois que vous êtes dans le colimateur, on fait encore plus attention à ce que vous faites.
Sur les bunkais, choisir des bunkais simples et maîtrisés.
Attention à ne pas aller chercher la lune pour un premier dan !!!
Deuxième dan, finissez votre adversaire, vous devez contre attaquer.
3ème dan, maîtrise de l'adversaire requise (clé de bras ou balayage).
KATA
Choisissez un kata libre que vous faite mieux que tous les autres !!
C'est votre "spécial", ça veut quand même dire quelque chose.
On met une meilleure note à quelqu'un qui nous fait un heian nidan excellent et propre qu'à un tekki shodan moyen.
Eh oui, on n'est pas en compétition kata et on ne vous juge pas par rapport au kata choisi et à sa complexité technique.
Autre détail, celui qui fait son kata "pour assurer le coup" tout doucement, et sans kime, même si son kata est excellent ne récoltera qu'une note moyenne, et c'est normal.
En revanche, celui moins bon mais qui fait vivre son kata récolte une note un peu plus haute.
Cérémonial du kata
Je le rappelle car beaucoup se trompent (attention, ici ce n'est pas aussi important qu'en compétition kata ou on vous donne 0 si le cérémonial n'est pas respecté, mais ca compte quand même).
On salue le tatami, on s'avance (pas trop près car pour votre kata il vous faudra avance également), on s'arrête à l'endroit choisi, en face des juges (décalage toléré pour les tekki).
On s'arrête en position musubi dashi, les bras le long du corps.
On marque un temps, et on s'incline pour saluer.
On incline le dos, pas juste la tête.
On se redresse, et on annonce son kata à voix haute et forte.
On marque un temps et on prend la position du kata.
Si c'est un tekki, on ne passe pas par la case "hashi dashi" !
On joint les pieds et les mains et on part.
Si c'est un kata qui démarre en hachi dashi, on décalle le pied droit de la moitié du chemin de musubi dashi à hachi dashi, et ensuite le pied gauche de l'autre moitié, dans le même temps on accompagne ce mouvement des jambes par les bras qui se mettent en garde.
Et on démarre.
De même pour le retour.
JUY KUMITE
UV du tronc spécifique
Inutile de rappeler que c'est du combat souple.
Nous le rappelons pourtant aux candidats en leur expliquant les consignes de sécurité.
Non contrôlé au visage = recalé
Jouez le jeu du combat souple, donnez vous et acceptez de prendre.
Inutile de jouer au nerveux qui cherche à ne pas se faire marquer, ça se voit de suite et ça ne plaît pas, on n'est pas en compétition et vous ne jouez pas votre vie.
JYU IPPON
UV du tronc spécifique
Rappel important :
Vous êtes en yoï face à votre adversaire, debout, saluez.
Selon les indications du jury, tori annonce à voix haute "Tori" et uke fait de même en annonçant "uke".
Tori annonce sans bouger la technique (2ème dan vous annoncez la hauteur).
Tori se met en garde, Uke se met en garde 1/4 de seconde après.
Attention à ce que vous avez appris dans votre club, beaucoup ont appris qu'il ne faut jamais reculer aussi avancent ils comme des barbares, alors même qu'ils sont uke.
Résultant les gens sont trop près et ça castagne car Tori le ressent mal.
Les juges aussi !!
Ne pas reculer, c'est dans la tête.
Et encore, il faut savoir le faire quand les circonstances l'exigent (si vous êtes intelligent, même avant).
Je le rappelle, c'est UKE qui est la tête de turc sur cet exercice !
C'est à lui de prendre la distance, pas à Tori !
C'est à lui de montrer à Tori et au jury qu'il ACCEPTE de prendre l'attaque (et qu'il va bloquer et contrer bien entendu).
Un tori qui avance une fois ca va, deux fois, OK, trois fois, NON !!! Uke es sanctionné, car si tori avance autant c'est souvent qu'uke recule parce qu'il est habitué à une grande distance.
De même Tori qui recule une fois OK, mais deux fois, UKE est trop près.
N'oubliez pas que passez son shodan est une formalité.
Vous devez en tant que ceinture marron avoir le niveau.
Ne stressez pas.
Pour le nidan ca ce complique.
Pour le sandan, l'écart entre nidan et sandan est grand.
Mon sensei pense qu'on ne commence à vivre le karate qu'à partir de 3è Dan, et il n'a pas tort.
Critères de notation :
- bonne forme générale (attitude corporelle, regard, etc. ...)
- cérémonial et respect de l'adversaire et du jury
- détermination (kiai, kime)
- technique
- puissance (rejoint kime)
- plus les critères fonction de l'exercice (exemple : kumite : apréciation des distances, variété des enchainements, etc. ...)
Bon courage à tous !!