L'objectif de
cet article est de mettre en évidence
quelle méthode traduit au mieux les qualités éducatives que
véhicule l'enseignement du Karaté.
Eduquer, c'est
faire acquérir à l'élève, un savoir qu'il pourra réinvestir
en dehors de son contexte d'apprentissage (du dojo dans notre cas).
En
temps que professeur d'éducation physique et
sportive et entraîneur
de karaté depuis 1984, je me suis très tôt intéressé aux
caractéristiques
éducatives de certaines méthodes d'enseignement autres que celle
employée
en karaté. Comme vous pourrez le llire, la méthode dite traditionnelle
d’enseignement en karaté, est à mes yeux en grande partie
inadaptée
aux enfants par exemple (ils représentent 50% de l'effectif
de la fédération).
Mon objectif consiste
donc à reconsidérer l'enseignement de ce sport très noble et techniquement
très riche à travers une méthode que l'on caractérisera
de globale (Plus exactement : Situationnelle).
Rappel : La méthode
traditionnelle
L'enseignement
du karaté s'organise
selon 3 axes :
Le modèle d'apprentissage est : démonstration – observation
– application
La logique interne
du karaté étant le combat.
En
résumé :
1ère Etape :
L'enseignant démontre au mieux
une technique (mise en évidence de ses qualités de pratiquant),
l’élève
observe et répète cette technique en mimant l'essentiel de ce
qu'il a retenu: c'est le Kyhon.
2ème étape :
Lorsque le nombre de technique est suffisant, elles sont enchaînées
d'une façon imposées
dans ce que l'on appelle un Kata.
3ème étape :
L'enseignant extrait une séquence tactique répertoriée ou non
dans ce Kata et la met en situation avec un ou
plusieurs partenaires. Ce sont les assauts conventionnels (Gohon,
Sambon, Kyhon ippon, Ippon et jyu KUMITE)
Cette chronologie
en 3 étapes, représente la structure du cours ou d'un
ensemble de cours dans le cadre d'un programme d'entraînement
en karaté selon
la méthode dite traditionnelle.
Si elle s’accommode
relativement bien à un
public adulte, elle est par contre limitée sur le plan éducatif
chez les enfants, parce
que la part de tâtonnement
est absente des étapes 1, 2
et apparaît
seulement en 3.
L'apport des méthodes globales
Ces méthodes
mettent d'emblée les élèves en situation, afin qu'ils découvrent
et s'approprient de façon empirique et experienciel les savoirs
que l'enseignant cherche à transmettre. Ces savoirs ne sont
pas obligatoirement des techniques, ils peuvent être des comportements
ou des aptitudes à développer (Ce que ne conçoit pas la méthode
traditionnelle).
La pédagogie
par résolution de problème par exemple permet de créer des exercices
où les élèves
doivent chercher
une solution non inscrite d'emblée dans
la situation d'apprentissage (La solution
n'est pas imposée comparativement au principe traditionnel).
Au final,
d'une part, la solution est l'objectif à atteindre et d'autre
part, c'est l'expérience acquise pour trouver la bonne réponse
qui revêt
un caractère éducatif (Remarque : Dans un environnement techniciste
comme le Karaté, la solution à un problème peut être à terme
une technique : "Pour ne pas être touché sur le dessus de la
tête, je
place mon avant bras entre le bâton et sa cible")
Les propriétés
"situationnelles" que l'on trouvent aussi dans les assauts
conventionnels ne suffisent pas à confronter
les élèves à la logique de tâtonnement propres aux
approches globales, parce nécessitant trop de critères de réalisation
technique
à acquérir au préalable.
Ils sont certes pour les débutants des outils d'acquisition technique
(qui deviendront par la suite
des
outils de
perfectionnement
tactiques)
mais ils ne favorisent pas de façon explicite l'acquisition d'objectifs
de type : acceptation de l'affrontement,
gestion de ses émotions (Auto régulation), etc.
Seul, le Jyu Kumité entrevoit réellement cette logique. Cependant
le
combat
qui
représente, il ne faut pas l'oublier, la logique en soi du karaté,
n'est pas abordé avant
plusieurs mois ou années d'apprentissage : Voir jamais (discordance
des représentations).
Pour résumer :
Le tâtonnement, c'est à dire
la gestion de ses erreurs et de ses réussites en
vue de trouver la solution posée par la situation d'enseignement,
permet à l'élève de comprendre
ce qu'il fait, puis de créer des stratégies d'apprentissage
(Il apprend à apprendre). Au final, il devient acteur plutôt
que spectateur (cf/Modèle traditionnel).
Conclusion :
Rien n'empêche à plusieurs
méthodes de cohabiter, bien au contraire. Certaines sont tout simplement
plus appropriées en fonction des objectifs du moment ou
des caractéristiques
des élèves (enfants, ados, adultes).
Le but n'étant pas d'en priviligier une au dépend
de l'autre mais de les utiliser de façon cohérentes
Afin d'approfondir cette introduction,
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