Info karaté, Actualité FF-karaté, Pédagogie enfants, enseignement, Sciences et arts martiaux, Kata.
Annuaire des sites d'arts martiaux
Karaté et Kata en vidéo

 

Aide à la récupération (Source INSEP)

 

I - FATIGUE ET RECUPERATION

La période de récupération fait partie intégrante de l’entraînement. Elle permet :

  • De récupérer de la séance précédente
  • De réaliser les modifications morphologiques, biochimiques et fonctionnelles nécessaires à l’amélioration de la performance : sur-récupération ou surcompensation.
  • De préparer l’organisme à la séance suivante

Afin de comprendre les différents processus impliqués dans le phénomène de récupération, il semble primordial d’établir les principaux mécanismes responsables de la réduction de la performance sportive, c’est à dire la fatigue.

  • Les modifications induites par une séance d’entraînement : Une séance d’entraînement peut induire différents types de modifications pouvant affecter l’intimité de la structure musculaire, l’équilibre métabolique au sein de la cellule musculaire ainsi que la commande nerveuse centrale (Edwards 1983).
  • L’entraînement de musculation : L’entraînement de musculation, qu’il soit réalisé à partir de contractions excentriques ou concentriques maximales, induit notamment des micro-traumatismes au sein de la structure musculaire (Gibala et coll. 1995).
  • L’entraînement à dominante lactique : L’entraînement sollicitant principalement la voie anaérobie lactique induit des modifications de l’homéostasie imputables à : Une accumulation de métabolites, elle-même impliquée dans la défaillance des processus musculaires de production de force, et de la réduction de l’efficacité des processus de production d’énergie (cf. Fitts 1994; MacLaren et coll. 1989
  • Une réduction des réserves énergétiques (cf. Fitts 1994)
  • Une modification de l’équilibre électrolytique, impliquée dans la réduction de l’excitabilité nerveuse (Bigland-Ritchie et coll. 1979; Sjogaard et coll. 1985)
  • Une hyperthermie,….

Les principaux facteurs déterminants le délai de récupération

Le délai nécessaire à la récupération de la performance sportive dépend étroitement du ou des principaux facteurs responsables de la fatigue. Il dépend donc :

  • De la séance d’entraînement réalisée
  • Du niveau d’entraînement des sportifs et de leur état de forme
  • Du groupe musculaire considéré
  • De l’hygiène de vie du sportif
  • De la programmation d’entraînement

 

II- OPTIMISATION DE LA RECUPERATION

L’augmentation nécessaire de la quantité et de l’intensité de l’entraînement pour atteindre le haut niveau réduit inévitablement les périodes de récupération entre chaque séance. La qualité de ces périodes de récupération doit donc être optimisée. Pour ce faire, différentes modalités de récupération, adaptées au type de modification induite par la séance d’entraînement, peuvent être facilement adoptées par l’entraîneur et ses sportifs.

1- La récupération active

Il est bien souvent supposé que la fatigue est associée à une concentration intracellulaire de lactate élevée (Asmussen et coll. 1948). L’élimination du lactate apparaîtrait donc être d’une grande importance pour améliorer la performance suivante. De nombreuses études ont montré que la concentration de lactate sanguin est moindre pendant un exercice aérobie continu comparé à une période de récupération passive (Hermansen et Stensvold 1972; Belcastro et Bonen 1975; Watson et Hanley 1986; Bond et coll. 1991).

Afin d’améliorer la cinétique de récupération de la performance sportive, il est donc conseillé d’effectuer une période de récupération active, d’une durée variant de 10 à 30 minutes, et à une intensité correspondant à 30 à 50 % VO2max (Thiriet et coll. 1993; Bangsbo et coll. 1994; Gupta et coll. 1996; Wigermaes et coll. 2000). De plus, cette récupération active doit être préférentiellement réalisée par les groupes musculaires sollicités (pédalage jambes, pédalage bras, course à pied, rameur,…) (Hildebrandt et coll. 1992).

Il est également à noter que le travail aérobie permet de développer la capacité de récupération. Une telle optimisation du processus de récupération permet une augmentation de la charge d’entraînement (volume et intensité).

2- Le massage

Le massage est très utilisé dans le milieu sportif pour de nombreuses raisons. Il permettrait notamment :

une augmentation de la perméabilité de la membrane cellulaire facilitant la « sortie » des substances « nocives » accumulées dans la cellule. une augmentation du flux sanguin pour l’élimination des substances « nocives » et la libération d’oxygène (Cafarelli et Flint 1992) Même si les effets du massage sur la performance sportive restent controversés, il présente trois intérêts principaux :

  • permet une meilleure élimination des métabolites qu’une période de récupération passive (Balke et coll. 1989)
  • présente un bénéfice psychologique sur la perception de la récupération (Hemmings et coll. 2000)
  • permettrait une réduction de la douleur musculaire (Tiidus et Shoemaker 1995)

Des études ont montré que la modalité de récupération optimale, quel que soit le type de séance réalisée, correspond à un couplage entre la récupération active et le massage (Monedero et Donne 2000).

3- L’hydrorécupération

Il a été montré qu’une exposition à un froid modéré pendant un exercice d’intensité sous-maximale augmente le flux sanguin et facilite, de ce fait, l’élimination du lactate (Flore et coll. 1991). Une immersion pendant une période de 10 minutes à une température de 30°C semblerait améliorer l’élimination du lactate (Nakamura et coll. 1996).

4- L’électrostimulation

L’objectif de l’électrostimulation est d’augmenter la vascularisation des muscles fatigués afin d’accélérer la cinétique d’élimination des déchets métaboliques.

Toutefois, son utilisation sera fonction de la tolérance des sportifs.

5- Les étirements

Puisque les étirements nécessitent un effort musculaire pour maintenir les positions d’étirement, il est possible d’envisager une augmentation du flux sanguin au niveau de ces groupes musculaires. A partir de cette argumentation, certains auteurs ont montré que les étirements améliorent la cinétique d’élimination des déchets métaboliques plus que ne le permet une période de récupération passive, mais moins qu’une période de récupération active (Young et Pitt 1996).

Toutefois, les étirements représentent un intérêt conséquent pour la récupération, mais plus généralement pour l’entraînement. En effet, les étirements permettent la récupération de l’amplitude articulaire au niveau des zones sollicitées. Il semble donc intéressant de prescrire une séance d’étirement à l’issue de chaque séance d’entraînement.

6- L’alimentation et hydratation

Un exercice intense induit de nombreuses perturbations métaboliques (modifications de l’homéostasie, accumulation de lactate, …) et un épuisement des stocks énergétiques (glycogène). La ration alimentaire post-exercice a donc pour but de reconstituer ces stocks d’énergie d’une part, et de réduire l’acidité, de rééquilibrer la balance électrolytique, …d’autre part. De plus, à l’issue d’une séance d’exercice intense, le système hépatique a en charge une grand partie de l’élimination des déchets métaboliques résultant de l’exercice. La ration alimentaire ne doit donc pas induire une surcharge de travail à cet organe.

Pour ces différentes raisons, quelques règles diététiques fondamentales sont à respecter lors de la période de récupération d’un exercice intense. La ration post-effort doit contenir :

  • Peu de graisses
  • Des légumes et des fruits : riches en vitamines et en minéraux
  • Des hydrates de carbones : resynthèse des stocks en glycogène et rôle important sur la capacité anaérobie via les ions carbonates
  • Laitages : calcium, alcalinisation sanguine
  • Fruits secs et pruneaux : apport de potassium, limitent l’apparition des crampes
  • La viande rouge n’est pas à bannir puisqu’elle contient du fer assimilable.

L’apport en protéine ne doit pas dépasser 1 à 2 g/j/kg (comme habituellement prescrit) sous peine d’imposer une surcharge de travail au foie.

Attention : le thé capte le fer et peut conduire à de véritables anémies ferriprives.

Il peut également être conseillé de consommer une boisson dite de récupération, pouvant aussi être considérée comme une boisson d'attente lors des journées de compétition. Le contenu de cette boisson est le suivant:

Boisson glucosée (pendant l’effort et la récupération) :

Préparation pour une heure à 15°C (concentration à ajuster en fonction de la température):

  • jus de fruit : reconstitution lente des stocks de glycogène et lutte contre l’acidose
  • 50 g de saccharose ou 25 g de glucose : énergie immédiatement utilisable
  • 0,2 à 0,5 g de sel : assimilation de l’eau et du glucose
  • eau jusqu’à 0,8 litres : l’estomac ne laisse passer que 0,2 litres par 15 minutes.

Attention : En raison de l'absence de vitamine B1 dans cette boisson, vitamine intervenant dans l’assimilation et le métabolisme des glucides, il est conseillé de restreindre à sa consommation 1 litre par jour.

7- Le repos du guerrier

La récupération de la performance sportive se fera d’autant mieux que le sportif adopte une hygiène de vie saine.

Il est en effet important de respecter les phases de sommeil, que ce soit en quantité et en qualité. Un déficit en sommeil peut induire des altérations des capacités cardio-vasculaires, ventilatoires et hormonales.

Si, pour quelle que raison que ce soit, le sportif ne peut respecter ses propres rythmes de sommeil, une sieste (d’une vingtaine de minutes) ou une séance de relaxation peuvent l’aider à récupérer.

La récupération active, les étirements, l’hydratation ainsi qu’une bonne hygiène de vie doivent donc devenir des réflexes.

 

III- BIBLIOGRAPHIE

  • La récupération en sport: Approches des techniques et des moyens. Les cahiers de l'INSEP, n°14-15, 1996
  • Sport de haut niveau et récupération. Les cahiers de l'INSEP, n°27, 2000
  • Asmussen E, Von Dobeln W, Nielsen M (1948) Blood lactate and oxygen debt after exhaustive work at different oxygen tensions. Acta Physiol. Scand. 15: 57-62
  • Balke B, Anthony J, Wyatt F. (1989) The effects of massage treatment on exercise fatigue. Clin. Sports Med. 1: 189-196
  •  Bangsbo J, Graham T, Johansen L, Saltin B. (1994) Muscle lactate metabolism in recovery from intense exhaustive exercise: impact of light exercise. J. Appl. Physiol. 77: 1890-1895
  •  Belcastro AN, Bonen A. (1975) Lactic acid removal rates during controlled and uncontrolled recovery exercise. J. Appl. Physiol. 39: 932-936
  • Bigland-Ritchie B, Jones DA, Woods JJ (1979) Excitation frequency and muscle fatigue: electrical responses during human voluntary and stimulated contractions. Exp. Neurol. 64: 414-427
  • Bond V, Adams RG, Tearney RJ, Gresham K, Ruff W. (1991) Effects of active and passive recovery on lactate removal and subsequent isokinetic muscle function. J. Sports Med. Phys. Fitness 31: 357-361
  • Cafarelli E, Flint F (1992) The role of massage in preparation for and recovery from exercise. Sports Med. 14: 1-9
  • Edwards RHT (1983) Biochemical bases of fatigue in exercise performance: catastrophe theory of muscular fatigue. In Biochemistry of exercise. International meeting, Boston, pp 3-28
  • Flore P, Therminarias A, Oddou-Chirpaz MF, Quirion A. (1991) Influence of moderate cold exposure on blood lactate during incremental exercise. Eur. J. Appl. Physiol. 64: 213-217
  • Fitts RH (1994) Cellular mechanisms of muscle fatigue. Physiological reviews. 74: 49-94
  • Gibala, MJ, MacDougall JD, Tarnopolsky MA, Stauber WT, Elorriaga A (1995). Changes in human skeletal muscle ultrastructure and force production after acute resistance exercise. J. Appl. Physiol. 78:702-708
  •  Gupta S, Goswami A, Sadhukhan AK, Mathur DN. (1996) Comparative study of lactate removal in short term massage of extremities, active recovery and a passive recovery period after supramaximal exercise session. Int. J. Sports Med. 17: 106-110
  • Hemmings B, Smith M, Graydon J, Dyson R. (2000) Effects of massage on physiological restoration, perceived recovery, and repeated sports performance. Br. J. Sports Med. 34: 109-115
  • Hermansen L, Stensvold I. (1972) Blood and muscle pH after maximal exercise in man. J. Appl. Physiol. 32: 304-308
  • Hildebrandt W, Schutze H, Stegemann J. (1992) Cardiovascular limitations of active recovery from strenuous exercise. Eur. J. Appl. Physiol. 64: 250-257
  • MacLaren DPM, Gibson H, Parry-Billings M, Edwards RHT (1989) A review of metabolic and physiological factors in fatigue. Exerc. Sports Sci. Rev. 17: 29-66
  • Monedero J, Donne B (2000) Effect of recovery intervention on lactate removal and subsequent performance. Int. J. Sports Med. 21: 593-597
  • Nakamura K, Takahashi H, Shimai S, Tanaka M. (1996) Effects of immersion in tepid bath water on recovery from fatigue after submaximal exercise in man. Ergonomics 39: 257-266
  • Sjogaard G, Adams RP, Saltin B (1985) Water and ion shifts in skeletal muscle of humans with intense dynamic knee extension. Am. J. Physiol. 248: R190-R196
  • Thiriet P, Gozal D, Wouassi D, Oumarou T, Gelas H, Lacour JR. (1993) The effect of various recovery modalities on subsequent performance, in consecutive supramaximal exercise. J. Sports Med. Phys. Fitness 33: 118-129
  • Tiidus PM, Shoemaker JK (1995) Effleurage massage, muscle blood flow and long-term post-exercise strength recovery. Int. J. Sports Med. 16: 478-483
  • Watson RC, Hanley RD. (1986) Application of active recovery techniques for a simulated ice hockey task. Can. J. Appl. Sports Sci. 11: 82-87
  • Wigernaes I, Hostmark AT, Kierulf P, Stromme SB. (2000) Active recovery reduces the decrease in circulating white blood cells after exercise. Int. J. Sports Med. 21: 608-612
  • Young JC, Pitt KT. (1996) Effect of static stretching on lactate removal after high intensity exercise. Med. Sci. Sports Exerc. 28: S406

 

http://forum.infokarate.com NewsLetter

InscriptionDésinscription
DVD Karaté enfants et débutants
Plan du site
Accueil iconAccueil
DVD pédagogie enfant
DVD 1
DVD 2
DVD 3
Téléchargement
Formation DAF DIF BEES
Règlementation 2008-2009
Analyse des sujets
Faire un plan de cours
Préambule et postulats
Notion de perfectionnement
Apprentissage kata de base
Perfectionnement kata de base
Etude kata supérieurs
Perfectionnement kata supérieurs
Parade membres supérieurs
Percussions membres supérieurs
Percussions membres inférieurs
Perfectionnement coups de pieds
Assauts conventionnels
Assauts conventionnels 2
Techniques de base en combat libre
Etude des déplacements
Premières notions d'enchaînement
Premières notion d'esquives
Acquisition positions de base
Perfectionnement positions de base
Stabilité en karaté
Vitesse d'exécution
Préparation compétition combat
Préparation compétition Kata
Théories et apprentissage
Concept de technique en karaté
Les phases de l'apprentissage
Apprentissage par observation
Pouvoirs de l'action et ontogénése
Le concept d'action
Théorie du bruit
La dissonance cognitive
La latéralisation
Les stades du progrès
La tâche motrice
Validation d'un apprentissage
Aptitude motrice et développement
Les équivalences
QCM
Les annales DIF BEES 1 et 2
Mémoire BEES2 option karaté
Kata | Techniques | Kumité
Kata en vidéo
Shotokan tradtionnel vs sportif
Bunkaï Shotokan
Kata Shito ryu
Kata Wado ryu
Kata Shotokaï
Kata Kyukushinkaï
Kata Yoseikan Budo
Les techniques de base
Kihon Ippon Kumité
Pédagogie traditionnelle
Karaté d'Okinawa
Karate Jutsu
Karaté contact
Body Karaté
Entraînement kumité
Préparation physique
Sciences
Karaté vs arts martiaux
Vidéo Gag
Ateliers pédagogiques
Tout infokaraté en vidéo
Compétences jaune-orange
Assauts conventionnels 1er dan
Apprendre à contrer
Ateliers pliométrique
Jeux d'attaque-défense
Les esquives
Mae Géri
Apprentissage Kata
Perfectionnement équilibre
Les fondamentaux techniques
Zenkutsu Dachi
Construire Shiko Dachi
Yoko Géri
Shuto Uke
Ushiro Géri
Travail des hanches
Apprentissage technique
Les postures
Symétrie des déplacements
Perfectionnement déplacements
AC chez les débutants
Perfectionnement AC
Renforcement stabilité
Progression par ceintures
Progression par ceintures
Didactique et karaté scolaire
Karaté après l'école
Karaté au Lycée
Le karaté au Lycée
Le karaté au collège
Etude de cas en karaté
Pédagogie et karaté
Limites méthode traditionnelle
Pour ou contre compétition enfant
Enjeux du karaté français
Préparation physique
La souplesse
Les étirements
La surcompensation
La force explosive
Entraînement en hypergravité
Aide à la récupération
Récupération mentale
Temps récupération de la PC
Sciences et arts martiaux
Analyse effort en karaté
vo2 max karaté
Modèle idéal type
Circadian rhythms karateka
Hikité en karaté
Marche pieds nus sur feu
Cildren and youth in martial arts
Puissance de frappe karaté
L'image du karaté
Etude de cas en karaté
Savoir enseigné en karaté
Biomécanique et technique
Judo karaté agressivité
Force vitesse en karaté
Psychologie et arts martiaux
Psychomotricité intégrative
Arts martiaux internes
Judo et psychanalyse
La capoeira en france
Composantes biomécanique casse
Arts martiaux et muscles
Coordination bras jambes BF
Comportements déviants
Fonction guerrière des arts martiaux
Mode de déplacement en combat
Réeducation piscine arts martiaux
Enseignant et abandon en BF
Ethnosociologique des arts de combat
Processus de civilisation
EPS, réticences à enseigner
Pensée en acte
Représentation combat collège
Modèle mental
Agressivité instrumentale
Enseignement boxe française
Temps de réaction en boxe
Dominance oculaire
Enseigner la boxe française
Reeducation psychomotrice et qi-qong
Forums
Forums
Forums en articles
Préparation grade FFKDA
Formation BEES 2 FFKDA
Karaté et femme
Handikaraté
Condition physique
VAE
Annuaire de sites
Inscrire un site
Votre logo sur Infokaraté
Diffusez vos messages
Cartes virtuelles
Lexique
Faire un lien
 
| Faire un lien | Jeux combat | C S Bellac Karaté Do | Karate-kata.net

5483888 pages consultées © Infokarate.com, 2001-2008 Positionnement et Statistiques Gratuites Valid XHTML 1.0 Transitional