Théorie de la dissonance
cognitive (ou Théorie cognitiviste de la motivation)
In "APS, efficience
motrice et développement de la personne" ed AFRAPS,
oct 1990.
"L'activité résulte d'une façon
générale d'un écart entre 2 cognitions.
Lorsque 2 événements cognitifs sont incompatibles
l'un par rapport à l'autre, il en résulte une
stimulation génératrice d'activation laquelle
est éventuellement suivie d'une activité organisée
pour réduire l'écart" (Ouf!! Ben fallait
le dire tout de suite) - mais vous allez comprendre.
Exemple : Si un sujet veut donner
un coup de pied jodan à son adversaire, il analyse l'écart entre
sa position actuelle (en garde - pieds au sol à distance)
et la position finale (en mawashi jodan par exemple) - Il mesure
en conséquence l'écart entre les 2 positions telle
qu'il se les représente dans son projet d'action, pour
savoir s'il peut tenter de la réaliser (activation).
Constats théoriques (Champagnol
- 1974) :
-
Le degré d'activation croît
quand l'importance de l'écart augmente.
-
A partir d'un certain seuil
apparaît
un affect à tonalité désagréable
qui s'impose de plus en plus quand l'importance de l'écart
augmente encore (Adversaire trop grand ou trop loin par
exemple).
Didactique : Cette théorie est très intéressante puisqu'elle
met en évidence le fait qu'il est nécessaire pour
l'enseignant de toujours veiller à ce que l'élève
soit en situation d'apprentissage selon un "décalage
optimal" (cf/Claude Allal) - c'est à dire que la
quantité d'apprentissage soit toujours optimale mais
réalisable par le sujet - Les applications de cette théorie
mettent particulièrement en avant la problématique
de gestion des groupes hétérogènes. Comprenez
bien que s'il est important de toujours mettre le sujet en situation
d'apprentissage ou de perfectionnement, un enseignement non
différencié ciblant un public de niveau hétérogène
(ceintures) ne va satisfaire qu'une partie limitée
de ce public -
-
Dans un cas, la tâche est trop complexe (l'écart
des cognitions est trop important) - le sujet feindra d'apprendre
mais ne fera que bouger -----> affect négatif
: altération de la motivation
-
Dans l'autre cas, la tâche ne sera pas assez complexe,
le décale n'est pas optimal, les routines s'installent
et le sujet se démotive.
Remarque : Ecart des cognitions = écart entre ce que
le sujet sait et saura après la réalisation
de la tâche (Nouveau savoir). Difficile de passer à
l'apprentissage de UNSU juste après acquisition de
Zenkutsu Dachi (écart des connaissances trop important)
Les théories cognitivistes de la motivation
ont été en partie à l'origine des pédagogies
diférenciées. Même lorsque vous avez homogénéisés
vos groupes de travail en groupe de niveau, il restera toujours
des disparités entre ses membres - L'une des solutions
est de ne pas prévoir un exercice unique pour atteindre
un objectif donné (d'autant plus que cet objectif doit
être en décallage optimal), mais plutôt une
séquence à variantes multiples jouant le rôle
l'éléments de remédiation pour tous ceux
qui premièrement, réussissent d'emblée
l'exercice principal (écart trop faible) et deuxièmement
pour tout ceux qui n'ont pas les moyens ou la commaissance nécessaire
pour réaliser cet exercice central ou principal sans
émettre trop d'erreur (écart trop important).