Avant d'aller plus loin, comprenez
par tâche motrice ce que nous avons l'habitude d'appeler
: un exercice. Mais comme vous allez le voir, c'est un tout
petit peu
plus complexe que cela.
1- La notion de tâche
motrice
In "Apprentissage moteur et tâche motrice" Jean
Pierre Famose, éd : sport et sciences 1982
Il ya 2 approches complémentaires certes mais indépendantes
:
- L'une tournée vers l'étude des processus qui
se passent dans le système nerveux de celui qui
apprend
- L'autre tournée vers l'organisation
des conditions de l'apprentissage moteur
Cette dernière approche est succeptible d'élaborer
ses propres connaissances fondamentales. Elle part des problèmes
posés par la situation d'enseignement afin d'élaborer
des connaissances scientifiques nouvelles succeptibles de mieux
expliquer et du même coup, mieux guider l'action pédagogique.
La tâche motrice :
C'est l'aménagement
matériel plus ou moins complexe et une série d'instruction
ou consignes qui spécifient ce qui doit être fait
en regard de cet aménagement.
L'aménagement matériel : C'est l'ensemble organisé des objets, équipement
ou autres sujets qui sert de support à l'activité motrice.
Les consignes : Elles sont orientées
vers :
- l'excution motricite (modalité)
- L'aménagement matériel
- Les buts à réaliser
La spécification des consignes sur l'un de ces 3 éléments
définit 3 types de tâches et leurs sous ensembles
:
- Les tâches non définies
- Les tâches semi-définies
- Les tâches définies
Didactique : L'intérêt
pédagogique des tâches motrices non définies
(le combat libre par exemple) et semi-définies (jyu ippon
kumité) repose sur le fait qu'elles permettent de solliciter
les capacités d'auto-organisation, d'auto-évaluation
et d'auto-correction de l'apprenant. Le choix de la tâche
est important dans la stratégie éducative. Le type
de tâches doit cependant être rapproché à
sa nature, sa difficulté et sa complexité.
2- Nature de la tâche
motrice
La nature de la tâche fait référence aux
ressources particulières qu'elle sollicite pour favoriser
la réussite.
"Chaque fois que les exigences de la tâche dépassent
les possibilités du sujet, cad l'organisation actuelle
de ses ressources, il doit changer de stratégie"
Didactique : La nature de la tâche
motrice exprime donc les exigences imposées par les consignes
ou par les règles. Exigences qui déterminent la
manière dont la tâche doit être exécutée.
- Les exigences de la tâche sont les contraintes à
prendre en compte par le sujet pour réussir
- Les demandes de la tâches sont le rapport entre exigences
et possibilités de sujet (ressources requises)
3- Complexité et difficulté
de la tâche motrice
La compléxité de la tâche est le nombre de
contraintes objectives à prendre en compte par le sujet
qui veut réaliser la tâche. Il existe 3 domaine de
compléxité :
- La compléxité perceptive :
agit au niveau de la variation des contraintes
- Le nombre de stimuli à prendre en compte (cf/Théorie
du bruit)
- La vitesse et la durée de ces
stimuli (rapides et courts comme en combat par exemple)
- L'intensité et la prégnance
des stimuli (la puissance ou la vitesse de l'attaque)
- La confusion possible des stimuli (les
feintes possibles - les attaques non décodables
= l'incertitude)
- La compléxité au niveau de la prise de décision
(traitement central des informations). Elle prend en compte
:
- Le nombre de décisions qui s'accroît
- Le nombre d'alternatives par décision qui s'accroît
- La vitesse de prise de décision qui s'accroît
- La compléxité de l'acte moteur
- La compléxité apparaît dans le rapport
entre le nombre de muscles à mettre en jeu par rapport
au but à atteindre
- La compléxité de la tâche en relation
avec le feed Back (rétroaction sur l'action)
- Lorsque la quantité, la qualité, la pertinence
et possibilité de feed back diminuent, la compléxité
de la tâche augmente.
Didactique : La notion de Feed Back est un concept qui définit les moyens dont disposent
le sujet pour agir sur lui même ou les évenements
qui l'entourent afin d'atteindre son but (ces moyens peuvent
être différés dans un délais relativement
cours - comme visionner la séquence vidéo d'un
kata juste après l'avoir fait). En karaté, le
feed back est par exemple possible dans l'affinement d'un
geste technique devant des glaces murales - le pratiquant
peut ainsi corriger sa position au fur et à mesure
où elle s'exécute. Par contre en combat, on
peut prétendre que la notion de contrôle de la
distance n'est plus possible lorsque le poing ou le pied arrive
à son objectif : le geste est pratiquement télécinétique,
cad qu'une fois "lancé", plus il se repproche
de sa cible, plus il est difficile voir impossible d'agir
sur le résulat (le contrôle s'exerce avant que
le poing ou le pied ne parte - au niveau des distances et
du calcul des coïncidences).
- Compléxité totale de la tâche
motrice
- Les 4 composantes vues ci dessus contribuent à
la compléxité totale de la tâche motrice.
Jouer sur les contraintes par rapport aux variations de
la compléxité est un acte pédagogique.
Didactique : Au niveau pédagogique
ont peut donc modifier la difficulté d'une tâche
(exercice) en intervenant sur la grandeur de l'erreur permise
- trop d'erreurs commises par l'élève sont le signe
d'une tâche trop complexe pour lui - il est donc important
de connaître ce qu'un élève est en mesure
de réaliser sur le plan moteur, bio-informationnel et affectif
avant de lui proposer un exercice qu'il ne sera pas capable de
réaliser. N'oubliez pas que :
- La compléxité est en rapport avec la quantité
d'information à traiter pour l'organisation et le déclenchement
du mouvement : l'élève posséde-t-il les
aptitudes nécessaires et recquises à la réalisation
de l'action telles que la souplesse par exemple afin d'excuter
un jodan géri.
- La difficulté est en rapport avec la quantité
d'information à traiter pour le contrôle du mouvement
: la vitesse d'exécution diminue les possibilité
de feed back par exemple. Ne pas laisser le temps à un
débutant de suffisament répéter ses actions
en vue de progresser un minimum. Ne pas laisser suffisamment
de temps aux débutants, pour se corriger entre chaque
mouvement (dans le Kihon par exemple).
5- La tâche motrice : outil
pédagogique
La détermination
du type de tâche, de la nature, de la difficulté, de la compléxité
sont autant d'outils pédagogiques pour que l'enseignant
mette en place une stratègie éducative dépendant
des objectifs et des moyens fixés. L'analyse à partir
de là, de la tâche permet 4 types d'actions :
- Analyser les activités sportives complexes ----->
percevoir l'organisation objective interne pour les décomposer
en éléments fondamentaux hiérarchisés
pour faciliter l'apprentissage (sous tâches) : en
d'autres termes, on saucissone en sous objectif, un objectif
attendu
trop complexe.
- Identifier les raisons d'un échec : L'echec peut provenir
de la non prise en compte d'une ou plusieurs contraintes lièes
à la compléxité de la tâche. En soustayant
une à une les contraintes, on peut identifier la cause
de l'échec. En d'autre terme on s'implifie la tâche
afin de la rendre réalisable (la capacité à
réaliser des tâches de plus en plus complexe en
karaté marque comme ailleurs la différence entre
le débutant et l'expert)
- La demande de la tâche peut être rencontrée
dans d'autres activités ; transversalité des acquis.
: de la course à pied pour acquérir de l'endurance
à l'entrainement par exemple - mais aussi la pratique
du qi gong dans l'amélioration de l'équilibre.
- La manipulation de la compléxité et de la difficulté
de la tâche permet de concevoir la mise en place de tâches
motrice dans lesquels les exigences de la tâche dépassent
l'organisation actuelle des ressources de l'élèves
(on appelle cela le décalage optimal). Didactique : Si
un élève
est en mesure de répondre d'emblée aux exigences
de la tâche, ceci veut dire qu'il n'apprend pas, mais
qu'il répéte ou transfert un acquis : la tâche
n'est pas assez complexe.