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Forte décroissance ;
(+++) forte croissance
Conséquences pédagogiques :
Nous pouvons dissocier
3 stades dans l'évolution des aptitudes motrices de l'enfance
à l'adolescence.
Jusque
vers 8-9 ans
Performances égales entre
filles et garçons même si la force explosive est
légèrement plus élevée chez les garçons. Un travail sur les
expériences motrices est préconisé sans tenté
de privilégier une aptitude sur une autre : les enfants
ne sont de toute façon pas rapide et ne le seront pas -
les exercices peuvent être d'intensité élevée
mais de courte durée - inutile d'enfermer l'enfant dans
le seul apprentissage de la technique - l'apporche du combat permettra
le tâtonnement (pas le kata puisqu'il est imposé).
Jusque vers 12 ans
la pratique sportive pourra s'appuyer
d'une part et visera d'autre part à développer qualitativement
les aptitudes précoces que sont la souplesse (passive et active),
la coordination motrice et l'équilibre. La performance est le
résultat de leur expression .
La puissance, c'est à dire l'association
de la force et de la vitesse, ne peut pas être un objectif à atteindre.
Le non respect des consignes liées à la production d'un geste
encore plus rapide et plus fort est pour l'enfant une solution
difficile à satisfaire.
Exemple : Demander à un enfant
de mettre du "Kimé" est une aberration pédagogique.
L'apprentissage des coups de pieds
semble prévaloir à ce stade. Sans pour autant abandonner l'enseignement
des coups de poings, les coups de pieds permettent une expression
plus appropriée de la souplesse et de l'équilibre. Les enchaînements
poings / pieds s'inscrivant dans une démarche de développement
d'une coordination motrice générale plus prégnante à cet âge
que la coordination motrice fine (plus tardive et propre à
l'activité d'affinement postural si cher à la technique
et donc de surcroît au kata).
La
puberté
La puberté est un
passage critique, une mutation du corps de l'enfance vers l'adolescence.
Physiquement, on observe une poussée de croissance. Affectivement,
c'est l 'apparition de la maladresse.
Le corps de l'enfant se met à grandir
dans un premier temps sur la plan osseux puis dans un deuxième
temps sur le plan musculaire. Ceci n'est pas sans conséquence
sur la pratique sportive.
L'enfant qui pratique depuis un certain
nombre d'année se trouve confronté à une perte de repère. Les
jambes et les bras s'allongent, alors que les muscles dont la
croissante n'est pas parallèle, sont obligés de faire bouger un
corps qui a besoin de plus de force (les bras de levier augmentent).
Les gestes deviennent lent et moins précis.
Les positions basses comme
Zenkutsu dachi, Shiko dachi ou en appuis sur une jambe comme Nekoachi
dachi deviennent douloureuses et difficiles à garder. L'élève
cherche plus à se soulager en se relevant même si les consignes
ont été intellectuellement intégrées.
Ce n'est que vers la fin de la puberté
que la croissance musculaire s'effectue. La quantité de muscles
s'ajustant au besoin physique d'actionner les nouveaux bras de
levier que sont devenus une paire de jambes et une paire de bras
plus longs, amènent l'élève a retrouver des sensations. La force
allant aussi de paire avec la quantité de muscle, la vitesse,
la force explosive et la force pure deviennent des aptitudes nouvelles
sur lesquelles l'enseignement peut maintenant s'appuyer.
Un deuxième aspect caractéristique
de la puberté est l'apparition de la maladresse. Elle est l'expression
visible de la représentation intérieure (subjective) que l'adolescent
se fait des mutations non contrôlée de son corps (nouvelles formes,
nouvelles sensations, nouveaux désires). La maladresse est en
quelque sorte une interférence affective qui vient parasiter le
bon déroulement de l'action. La peur de prendre un coup, le rejet
du contact avec le partenaire sont plus prononcés qu'auparavant.
La recherche de
la performance sportive durant la période pubertaire génère un paradoxe. L'adolescent
a besoin d'évoluer à l'intérieur de repères qui peuvent lui permettre
de valoriser son image propre (le grade, la compétition) alors
que la décroissance de certaine aptitudes (perte de souplesse,
lenteur) ou leurs développements tardifs (force, vitesse) deviennent
des critères d'exigences croissants dans la pratique (règlement
de compétitions, grades). L'adolescent réagit mal aux échecs alors
que son corps génère des maladresses. L'attitude de l'enseignant
est primordiale, son rôle consiste plus à dédramatiser cette période
en expliquant à l'élève ce qu'il lui arrive et en mettant la performance
de coté quelques temps (compétitions).
D'un point de vue des effectifs,
cette phase est catastrophique pour la fédération, les débutants
sont rares et les abandons sont nombreux (cf /Statistiques
FFKDA). Le sport en général fait souffrir un corps qui se
fatigue vite. Les écarts de performance s'accentuent entre élèves
de même âge puisque les stades d'évolutions ne respectent pas
les dates anniversaires (à deux ans prêts, deux compétiteurs peuvent
être dans la même catégories). Ceci rend encore plus difficile
l'accès à la victoire. Il est évident que lorsqu'un combattant
adolescent tente de gagner face à un adversaire devenus qualitativement
plus fort, plus rapide, plus endurant et plus puissant, les chances
de réussites sont moindres. Et le désir de reconnaissance, d'attribut,
de confiance en soi si chère à l'adolescent s'efface avec les
licences...