Au fils des thèmes développés dans
cette rubrique, nous avons abordés les notions
de perfectionnement, d'enchaînement, d'assauts conventionnel,
de stabilité puis de vitesse d'exécution.
La somme de ces informations nous éclaire un peu
plus sur les différentes possibilités qui
s'offrent à l'enseignant pour former ses élèves.
Au delà des considérations abordées
dans ce site sur le plan de la légitimité
ou non de la compétition en générale
et de la compétition kata en particulier, la notion
de préparation à la compétition est
un sujet relativement vaste par rapport auquel vous pouvez
commencer par vous faire une idée en visitant
notre rubrique "Préparation
physique".
Si réglementairement la compétition
est accéssible à partir de la 2ième
licence, le niveau d'exigence imposé diminue
d'autant plus les chances du compétiteur s'il
n'est pas de plus en plus précocément
préparé.
Par le terme de préparation à la compétition,
nous ne cernons pas seulement les 2 à 3 semaines
ou les derniers entraînements avant échéance.
Le préparation à la compétition s'intégre
généralement dans un programme d'une durée
minimal d'1 an (vraiment minimale!!).
Nous nous intéresserons dans ce thème à
la préparation de compétiteurs de tout rang
(départementaux, régionaux, nationaux).
Cependant, lorsque l'on parle de compétition départementales
ou régionales, ce n'est seulement aux futurs prétendants
au trône national que l'on s'adresse, mais aussi
à toute la masse des perdants. A ce sujet vous
pouvez lire l'article présent sur ce site "Plaidoyer
pour les perdants".
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Le dopage : Grand sujet d'actualité,
nous avons encore récemment vu que même
les membres d'un staff médical peuvent se tromper
et mettre en fâcheuse position des sportifs dont
l'image restera salit par le doute. Le dopage, on en
parle beaucoup mais que savons nous réellement
sur le sujet?
- Il nous arrive tous d'attrapper
un petit ruhme, etc... et sur recommandation
de notre médécin,
de prendre à priori un traitement anodin.
Cependant, il est de votre votre ressort d'avertir
le médecin de la proximité d'une compétition
qu'elle soit de niveau départementale, régionale
ou nationale.
Selon la loi, tout sportif peut être contrôlé
sur son lieu d'entraînement. Ceci est d'autant
plus vrai qu'il est inscrit sur la liste des athlètes
de haut niveau (même espoir) - Cependant, il
y a une différence à faire entre les
nécessités thérapeuthiques et
la notion de dopage. Lorsque le cas se présente,
il existe des solutions pour protéger le sportif
de tout contrôle pouvant le déclarer
comme dopé.
Je m'explique : C'est le ministère
des sports par le biais de ses directions régionales
qui est chargé d'effectuer les contrôles
inopinés. Mais sa vocation première
n'est pas de sanctionner (c'est à la fédération
de le faire), elle est d'informer et d'aider. Lorsqu'un
compétiteur souffre d'une quelconque affection
ne lui contre indiquant pas la pratique de la compétition,
mais lui imposant la prise régulière
de médicaments ou de traitement à base
de produit déclarés dopant (Hormones
de croissance par exemple) , il est possible de constituer,
avec le médecin de ligue qui entrera en contact
avec le médecin officiel de la commission médicale
de la direction régionale des sports , un dossier
médical permettant de mettre cet élève
à l'abri de toute accusation de dopage. Pour
cela, il suffit simplement de rentrer en contact avec
le médecin de votre ligue qui prendra normalement
en main la procédure - Il faut savoir que cette
démarche n'est en aucune manière contraignante
pour l'enseignant puisqu'au delà de cette prise
de contact, la procédure ne vous concerne plus
(dans le sens où l'on ne vous demandera pas
de participer à la constituion du dossier.
Cependant, cela ne vous empêche pas d'être
tenu au courant. Choses que ne manqueront pas de faire
le médecin de ligue ou le médecin régional
ou tout simplement l'élève ou sa famille,
tout ceci bien évidemment dans le respect du
secret médical).
Cette procédure protégera par exemple,
les élèves de type minimes, traités
aux hormones de croissance, mais aussi les asthmatiques,
etc... Ceci sont des exemples afin de vous permettre
d'entrevoir les différents domaines concernés
par l'utilité de cette démarche. Cependant,
comprenons nous bien : L'objectif est de cerner la
problématique personnelle de l'élève
sur le plan de la dialectique "traitement médical
thérapeutique/dopage". Les conclusions
peuvent être restrictives au point d'interdire
officiellement l'accès à la compétition
certes, mais sachez que tout est fait pour qu'un compromis
soit trouvé afin de permette à l'élève
de continuer d'évoluer même à
un niveau moindre (seulement régional) mais
le protégeant de toute interdiction temporaire
ou définitive par sanction (ce qui pourrait
avoir des conséquences désastreuses
sur le plan psychologique -----> dramatisation
d'une affection déjà pertubante à la
base).
En tant qu'enseignant ou futur enseignant,
il est de votre devoir de protéger et d'informer vos
élèves.
- La préparation technique : Généralement,
le candidat est attendu sur cette partie mais c'est
une erreur : Quels contenus en terme de préparation
à une compétition semblent pertinents?
- Le choix des kata : Au
moins une chose est sûre : Ce n'est pas à 2 semaines
d'une compétition que l'on finit d'apprendre
un kata. Je dirais même que les katas supposés
faire parties de la battérie tactique du
compétiteur doivent avoir avoir au minimum
quelques mois voir quelques années d'ancienneté.
Ce que l'entraîneur enseigne comme kata durant
une saison servira en compétition la saison
d'après.
- Lorsque je dis "finit d'apprendre un kata",
je sous entend à la fois la connaissance
purement technique sur le plan des enchaînements
que de la connaissance du bunkaï (en théorie).
Mais, c'est là que se situe l'ambiguité
des normes d'évaluation. Le règlement
dit : "Compréhension des techniques
utilisées (bunkaï)". Je sais que
ce que je vais écrire, risque de m'attirer
des critiques mais je voudrais bien savoir comment
on fait pour évaluer un bunkaï sans
le faire?
L'élève peut mimer une attitude,
faire semblant d'être "dedans",
etc. Parce que, quitte à observer un réglement,
on peut aussi marquer des buts avec les mains tant
que l'arbitre ne le voit pas. Je veux dire par là
que la compétition ne concerne pas seulement
les adultes mais aussi les pitchounets des catégories
poussins par exemple pour qui psycholoquement parlant
il est encore un peu tôt (et c'est rien de
le dire) pour parler de projection mentale (voir "théorie
de l'apprentissage" développement
ontogénétique de l'intelligence).
En conclusion, une bonne préparation technique
pour les enfants consiste à les laisser singer
"Ken le survivant" ou "les forces
transmutantes hyper comisques des pokémons"
et cela dans le but de leurrer les arbitres se basant
réglementairement sur l'observation d'attitudes
impossibles à attribuer à des enfants.
Je vois d'ici certains me dire : "Mais moi,
j'ai des enfants, ils sont super sérieux
lorsqu'ils font leur kata, ils sont dedans".
A ceci, je réponds "Soyons sérieux,
arrêtons de prétendre vouloir atteindre
des objectifs inappropriés". Pour ma
part je considère que la compétition
kata enfant est une abération qui a pour
unique but de promouvoir la discipline en réduisant
la compétition enfant à un vaste centre
de détection de l'élite.
- Alors que les aspets techniques
du kata sont supposés
acquis et éprouvés en terme d'équilibre,
de rythme, de contrôle de la respiration...
bref, de toutes ses caractéristiques propres,
la préparation à une compétition
ne devrait en théorie souffrir d'aucune préparation
spécifique sur le plan technique puisque
l'enseignement du kata s'inscrit déjà
dans une logique paralléle : les grades.
En conséquence, un enseignant qui édicte
clairement auprès de ses élèves
les niveaux d'exigences et les contenus attendus
par grades peut situer la pratique de la compétition
à un stade donné de cette progression.
- La préparation individuelle : En théorie,
lors d'une compétition, ce n'est pas le kata
qui est évalué mais le compétiteur
: Comment le compétiteur met-il en valeur le
kata? Telle est la question que se pose normalement
un arbitre. Sur le plan technique, un kata reste un
enchaînement sensé représenter un
combat réel contre des adversaires imaginaires.
Un travail sur le respect des techniques, le diagramme
et toutes les composantes gestuelles et posturales n'est
pas du domaine de la préparation à la
compétition, elle de l'ordre de l'apprentissage
du kata. C'est le grade qui doit être utilisé
pour évaluer ce niveau chez l'élève
et pas la compétition. Cependant, si un adulte
est succeptible de connaître et de produire un
kata avec un minimum de défauts voir aucun, un
enfant quant à lui, sera toujours confronter
à la production d'erreurs (les kata de bases
sont sensés être en cours d'acquisition
jusqu'au 1er dan).
Depuis toujours, la compétition kata enfant
et ados en imposant un niveau d'expertise trop élevé,
réduit l'évaluation des compétiteurs
à la comparaison des erreurs liées à
leur méconnaissance du kata (en cours d'acquisition)
et surtout à leur écart de maturité
sur le plan des aptitudes physiques - Introduire un
enfant dans un processus d'évaluation de ses
erreurs autre que le grade, c'est prendre le risque
de désavouer l'enseignant en faisant perdre
son éléve contre un autre compétiteur
moins gradé : Ceci pose toute la problématique
de l'harmonisation des ceintures de couleur sur le
plan national (le système du classement serait
plus efficace, comme en tennis par exemple).
- Quelles sont les aptitudes physiques
et intellectuelles requises en compétition
kata?
- La resistance au stress :
C'est aussi l'une des vocations 1er de la compétition : Hyperdécontextualiser
les situations d'apprentissage afin d'en vérifier
la qualité et surtout vivre l'expérinece
du stress afin de le contrôler. L'un de mes
exercices préférés consiste
à faire faire les katas dans un bruit de
fond n'enviant rien à un concert des rolling
stone. L'intégration de paramètre
désorganisateur est sur le plan intellectuel
un outils très intéressant pour préparer
l'élève à une compétition
(stress et concentration ne font pas bon ménage).
Dans le même ordre d'idée, je fais
faire le kata en individuel et en équipe
(il ne faut pas oublier cet aspect là de
la préparation) en demandant aux élèves
de réussir à faire abstration de leurs
camarades qui alors s'amusent à marcher à
coté ou devant eux tout en parlant, faisant
des grimaces pour les perturber mais en ne les gênant
en rien dans la réalisation technique du
kata (le diagramme) - je vais même à
demander à ceux qui pertubent, de jouer les
"Uke" en s'interposant à n'importe
quel moment du kata par la mise à l'épreuve
du bunkaï : Le kata dans tous les cas ne devra
pas être perturbé, c'est l'individu
ou l'équipe que l'on cherche à perturber.
- La résistance à la
fatigue : Un kata dure en moyenne 1 à 1 minute 30
(environ). La capacité à maintenir
un rythme soutenu dans l'éxecution d'un kata
vient en partie de la capacité à résister
à la fatigue qui s'installe. Nous ne sommes
pas dans les filières aérobie certes
mais si la capacité d'endurance permet dans
un 1er temps de resister contre la fatigue des entraînements,
elle aura pour 2è objectif d'optimiser les
temps de récupération qui diminueront
d'autant plus que l'on se rapprochera des phases
finales. Les simulateurs d'effort à l'approche
des périodes de compétitions devront
progressivement remplacer un travail de fond : D'un
footing de 30 minutes à 1h, 2 fois par semaine,
le compétiteur doit progressivement passer
au maitien d'un footing + 1 séance d'interval
training de type : 7 à 10 fois 2 minutes
de course à vitesse très soutenue
avec 3 puis progressivement 1 minutes 30 de récupération
entre chaque séries. Je parle bien sur d'un
public âgé au moins de 15-16 ans.
Ce travail ne concerne pas les enfants.
- La préparation technique spécifique :
Quelle différence j'oprère entre
préparation technique spécifique,
apprentissage technique et développement
des aptitudes physiques? Lorsque j'ai développé
le concept de perfectionnement, j'ai particulièrement
insisté sur les aspects individuels propres
à l'élève au regard de ses
aptitudes. Nous partons du principe que la technique
est acquise et comme nous l'avons vu, ceci n'est
pas vrai avec les enfants, mais au délà
d'un niveau de réalisation techniquement
acceptable voir même pratiquement parfait
(selon le niveau de compétition), l'élève
qui sautera plus haut, accélérera
plus vite ses techniques, déccélérera
plus rapidement éprouvant ainsi sa stabilité,
etc... sera celui qui fera la différence.
A ce stade, les préparations sont nombreuses
et les enseignants confirmés ont à
leur disposition un ensemble de stratégie
dont voici quelques exemples :
- La vidéo : Nous savons de ce point
de vue qu'un travail en feedback (en retour)
est efficace si l'écart de temps entre
la réalisation et le feedback (le visionnage
de la vidéo) est faible. Pour un travail
en équipe sur le plan de la synchronisation,
une fois que le compétiteur de tête
est désigné, il est très
intérréssant de faire une vidéo
uniquement de ce combattant là et de
donner la cassette aux 2 autres. Les intérêts
de cette méthode sont multiples : seuls
2 compétiteurs sur 3 auront à
se synchroniser sur un seul et unique rythme
et tempo. Les compétiteurs peuvent intérioriser
ce travail en dehors des séances d'entraînement
(chez eux au calme). L'absence de l'un à
l'entraînement ne sanctionne pas le travail
des 2 autres.
- Le renforcement musculaire
spécifique
ou le geste technique comme support de développement
des aptitudes du compétiteur. Un simple
élastique accroché à un
mur peut suffir. Ainsi, chaque geste du kata
peut être décomposé en mouvement
à renforcer sur le plan musculaire. 2
types de travail sont conseillés :
- Travail d'endurance de
vitesse : 40 à
60% de sa force maximale : 12 à 16
répétition (1 minutes de récupération
en chaque série).
- Travail de puissance :
60 à 80%
de sa force maximale : 8 à 12 répétition
(2 à 3 minutes de récupération
entre chaque série).
- Optimisation des automatismes
de productions d'éléments de liaison complexes
ou accrobatiques : Le but n'est pas de travailler
la technique au sens stricte. Bien qu'un affinement
sur le placement du petit orteil sera toujours
le bien venu, mais il s'agit plus d'optimiser
la réalisation d'un geste technique en
s'appuyant sur les aptitudes du compétiteur.
Exemple : Un kata comme Unsu nécessite
des capacités physiques permettant une
prise d'envol sans élan. Si les capacités
pliométriques ne sont pas mise en jeu
de façon évidente, c'est pourtant
la puissance explosive des jambes qui va permettre
de propulser le compétiteur. Un travail
sur la spécifité du coup de pied
sauté en fin de kata peut se faire grâce
à un aménagement matériel
simple : Réaliser la technique juste
après avoir soulevé une charge
maximale 3 à 4 fois en 1/2 squat (préparer
le matériel en bordure de tapis). L'objectif
recherché est de performer l'envol permettant
ainsi au compétiteur de prendre plus
de risque dans l'exécution de sa technique.
Même si le travail en 1/2 squat rejoint
les objectifs du paragraphe précédent,
dans ce cas bien précis, le but est de
leurrer le corps en lui imposant une charge
temporaire afin que la propulsion sans charge
créée des effets inattendus et
amplifiés permettant au compétiteur
de fixer son attention sur la problématique
d'équilibration du coup de pied.
Tout ces thèmes de travail s'articulent
autour d'un thème centrale qui reste la
répétition massive du kata ou des
kata en individuel ou par équipe. Pour
terminer, il est claire qu'il existe d'autres
formes de travail, que la finission technique
sera malgré tout un axe de travail important
pour la très grande majorité des
compétiteurs. A ceci, il ne faut pas oublier
la préparation du Bunkaï des phases
finales en équipe : Ceci constitue en soi,
une très bonne manière d'aborder
le sujet si le thème proposé est
celui-ci.
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