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Mémoire BEES 2 option Karaté

 

Extrait du mémoire présenté par Mme Poupée Tanya - Session juin 2003 - Tuteur Alain Foltzer, professeur EPS

 

Titre du mémoire : "Du karaté fédéral au karaté scolaire : Pour une didactique du karaté enfant"

INTRODUCTION (Problématique)


La pratique du KARATE DO chez les enfants de 4 à 12 ans, ne cesse de se développer. Pourtant, son introduction au sein des APS pratiquées à l’école primaire reste exceptionnelle. Cela tient essentiellement au fait que le karaté souffre de manque de recherches en didactique et ne s’exprime actuellement qu’à travers une seule méthode d’enseignement quelque soient les publics : La méthode traditionnelle.
Alors que sur le plan historique le karaté véhicule des valeurs morales fondamentales que l’on pourrait qualifier de nos jours de citoyennes, son enseignement s’appuie toujours sur des préceptes guerriers qui ne sont plus en relation avec les attentes d’une société moderne.
Et pourtant, les arts martiaux et les sports de combat en général attirent chaque année plus de 1 000 000 de pratiquants. Mais si certains de ces sports ont opéré une mutation dans le domaine de l’enseignement, les arts martiaux et le karaté en particulier, sous prétexte d’appartenir à la tradition, sont restés fidèles à leurs origines.
Conséquence, face au judo, le karaté est resté pauvre dans le domaine de la recherche en pédagogie.

Quelles perspectives pour un karaté scolaire ?
Quels aboutissements pour un karaté fédéral prenant en compte les caractéristiques de ses licenciés enfants ?

Ce mémoire s’appuie sur une réflexion engagée au sein de la commission nationale enfants de la Fédération Française de Karaté et Arts Martiaux Affinitaires (FFKAMA). Son objectif : Participer au débat et envisager des perspectives de formation sur le plan fédéral en vue de son intégration dans le milieu scolaire.

1ère partie -


HISTORIQUE DU KARATE ET DE SON ENSEIGNEMENT

Les arts martiaux chinois (WUSHU) sont à l’origine des différentes formes de pratiques martiales connues de nos jours. Le KARATE DO s’est développé sur l’archipel des îles d’OKINAWA. Appelé TO-DE (main de Chine), cet art de combat pratiqué par les nobles et les soldats, regroupé les formes de combats avec et sans armes. Le nom montre l’influence des arts martiaux chinois, conséquence des relations privilégiées qu’entretenaient l’Archipel et ses dirigeants avec l’Empire du Milieu.

C’est au 16ème siècle, à partir de l’invasion des îles d’OKINAWA par le Japon que la pratique s’est développée dans toutes les couches de la société, que l’art est devenu un art de combats à main nue, puisque les japonais avaient confisqué toutes les armes. Les « Maîtres » choisissaient leurs disciples et les entraînements étaient secrets.

Au 18ème siècle, la pratique et la transmission restaient confidentielles. Les secrets du TO-DE n’étaient toujours transmis qu’aux disciples choisis. A cette époque, le gouvernement décide d’enseigner dans les écoles une discipline d’éducation physique et le TO-DE est choisi. On passe d’un modèle d’enseignement Maître-disciple à un modèle d’enseignement de masse copié sur le modèle d’entraînement des armées françaises suite aux échanges entre la France et le Japon. L’entrée dans les écoles primaires d’OKINAWA est remarquée et il est demandé à un instituteur d’OKINAWA de venir au Japon pour y présenter l’OKINAWA-TE, autre appellation du TO-DE.
Gichin Funakoshi, sera le premier à présenter, puis à enseigner son art dans les universités japonaises. Là encore, c’est par le biais du monde éducatif que cette pratique va se développer et finir par être reconnue par le japonais.

Pour permettre cette reconnaissance, G. Funakoshi va transformer la prononciation des idéogrammes de TO-DE en KARATE-DO (voie de la main vide).
Cette approche plus spirituelle contribue à l’évolution de la discipline qui passe d’un art de guerre fait pour tuer, à un art martial dont la finalité est le développement personnel à travers la pratique des formes codifiées de combats et de KATAS.

Plusieurs maîtres vont suivre G. Funakoshi et différents styles vont voir le jour et se développer au Japon, puis partout dans le monde. Ils diffèrent principalement par les postures qu’ils utilisent, et par le nombre ou la forme des KATAS.

Aujourd’hui, les principaux styles pratiqués en France sont : le SHOTOKAN, le WADO RYU, le SHITO RYU, le GOJO RYU et le KYOKUSHINKAÏ.

 

LA FEDERATION FRANCAISE DE KARATE ET ARTS MARTIAUX AFFINITAIRES

En 1954, création de la Fédération Française de Karaté et Boxe Libre.
En 1960, elle devient la « section Karaté» de la FFJDA (Fédération Française de Judo et des Disciplines Associées).
Le Karaté était à ses débuts, enseigné par les professeurs de Judo. A savoir, pour obtenir le diplôme de professeur de Judo, il fallait avoir un minimum de connaissances en Karaté.

En 1972, devant le nombre croissant de pratiquants, Mr DELCOURT créa l’UFK (Union Française de Karaté). Cette même année, aux Championnats du Monde de PARIS, la FRANCE obtint le titre suprême.
Cette génération allait structurer, développer et contrôler le Karaté.

En 1976, la FFKAMA (Fédération Française de Karaté et Arts Martiaux Affinitaires) vit le jour et Mr Jacques DELCOURT en devint le Président et ce, pendant au moins 25 ans.
Il mis en place avec son équipe, toutes les régions, les compétitions, les formations, et les passages de grades.

En 1996, de sérieux problèmes financiers et politiques sont apparus dans la gestion de la FFKAMA, (cumul de fonctions, profits personnels et trop faible représentativité de la base).
Mr Gérard GARCON assura la présidence de la Fédération, suite à la démission de Mr DELCOURT jusqu’à la prochaine assemblée générale élective. Mr Francis DIDIER remplaça Mr Guy SAUVIN au poste de DTN (Directeur Technique National).

En 2000, lors d’une A. G. Elective mouvementée, F. DIDIER fut élu Président de la FFKAMA et Mr Pierre TABERNA, (qui n’est pas issu du milieu karaté) fut nommé DTN.

Au cours de ces années, la FFKAMA s’est appelée FFKTAMA (Fédération Française de Karaté, Taekwondo et Arts Martiaux Affinitaires) pour redevenir en 1998 la FFKAMA, après l’indépendance du Taekwondo (sport Olympique).

Les disciplines affinitaires du Karaté sont : le Kung Fu, Viet Vo Dao, Tai-jitsu, etc ...
Le Taiji Quan et le Qi Gong, autrefois disciplines affinitaires (disciplines chinoises, arts martiaux, travail interne), existent maintenant au sein de leur propre Fédération.

En 2003, la FFKAMA compte 209 000 licenciés dont 140 000 jeunes.

Les résultats sportifs obtenus depuis plus de 10 ans font de la France la première nation du Karaté sportif. Les résultats en individuels et par équipes aux Championnats d’Europe et du Monde sont nombreux.


LE CODE MORAL DU KARATE : véritable enjeu d’éducation

Du point de vue de son enseignement, le karaté est un art martial avant tout, et sa pratique avec des enfants peut soulever des interrogations.
On peut s’imaginer qu’il est peu convenable d’associer une discipline d’origine guerrière à une population plutôt portée sur le jeu.
Au delà de l’aspect guerrier originel, le karaté véhicule cependant des valeurs qui peuvent contribuer au développement de vertus indispensables à l’enfant d’aujourd’hui, qui sera l’homme et le « citoyen » de demain.

La pratique du Karaté peut contribuer au développement harmonieux de l’enfant, et peut apporter sa pierre à l’édifice, à la construction de sa personnalité. Il constitue un moyen d’élévation, de progression et d’évolution de l’enfant sur tous les plans. En d’autres termes, il constitue un outil d’éducation.

 

Alors que le karaté s’implante en France avec succès et s’aligne sur un modèle d’enseignement traditionnel chargé d’histoire et de valeurs, l’éducation physique et l’enseignement du sport en France commence à s’ouvrir vers de nouvelles perspectives d’enseignement.

 

L’HISTORIQUE DE L’EDUCATION PHYSIQUE EN FRANCE

Depuis la deuxième moitié du XIXème siècle, coexistent en France, 2 systèmes éducatifs : le primaire (l’école primaire) qui s’adresse aux enfants du peuple, le secondaire (collège et lycée) qui s’adresse aux enfants de la bourgeoisie.
La gymnastique est l’affaire du primaire, tandis que le sport connaît un début de développement dans le secondaire.

Le sport apparaissait davantage comme une concession faite aux élèves que comme l’initiative de pédagogues spécialisés. A la suite de P. de COUBERTIN, un courant se manifeste pour introduire le sport à l’école, associé à une volonté de changer la vie à l’intérieur du système éducatif, en utilisant des jeux organisés.


Les enseignants d’EPS formés aux méthodes de gymnastique et d’éducation physique, soumis à l’influence des militaires et des médecins, les éducateurs, restent longtemps réfractaires à l’introduction des pratiques sportives dans leur enseignement.
Les promoteurs de la valeur éducative du sport « hors école » sont P. de GROUSSET et de P. de COUBERTIN. Ils tentent de faire entrer le sport à l’école avec beaucoup de difficultés, par le biais des associations sportives scolaires.
Effectivement, les préoccupations principales de l’époque, étaient plutôt militaires, et ce n’est qu’à la fin du 19è, que l’on commence à s’intéresser aux nécessités sociales exigeant que l’on prenne en considération l’hygiène et la santé des enfants (combattre la tuberculose, et l’alcoolisme).


La volonté politique de faire partager au peuple les valeurs de la République (former le citoyen et le travailleur, enseigner, ce qu’il n’est pas permis d’ignorer), conduit à privilégier l’éducation physique et la gymnastique pour les enfants du peuple.
A la fin du 19è et au début du 20è siècle, le sport n’est pas perçu comme étant de nature à répondre aux objectifs assignés au système éducatif. On souligne davantage les méfaits que sa valeur éducative.


Malgré des réticences, l’initiation sportive prend progressivement le pas sur l’EP dans les pratiques enseignantes. Les élèves la réclame, les instructions officielles de 1959, 1962, 1967, marquent cette progressive reconnaissance.
L’EP se confond désormais avec la pratique des sports de compétition : athlétisme, gymnastique sportive, natation, sports collectifs, sont les plus pratiqués et recommandés. Le courant du sport éducatif, impose une EPS qui repose en priorité sur le sport, auquel on fait subir un traitement pour le rendre éducatif.
Et l’idée s’affirme que le sport ne peut être éducatif que si on interpose un éducateur entre lui et l’enfant, qui se chargera de lui donner une forme acceptable sur le plan éducatif.


En 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, l’EPS intègre l’Education Nationale, l’école devient une priorité, l’EPS doit s’ajuster aux nouveaux objectifs du système éducatif dans son ensemble.
L’école doit s’ouvrir sur le monde économique et le monde associatif pour remplir de nouvelles missions visant la réussite de tous, la réalisation de l'objectif de 80% d’une classe d’âge au baccalauréat.
L’EPS se dégage de l’influence de la Jeunesse et Sports, elle est placée sur le plan institutionnel à distance du sport, et doit entrer de plein pied dans l’Education Nationale. La période qui s’annonce à partir de 1981 débouche sur l’ouverture de nombreux dossiers, l’appel à l’innovation et à la rénovation est lancé. Tous ces travaux conduisent à la Loi d’orientation de 1989 dans laquelle sont affirmés les objectifs suivants :

Le service public de l’éducation est conçu en fonction des élèves et des étudiants.
Il contribue à l’égalité des chances.
Il doit permettre à chacun de développer sa personnalité.
Il doit favoriser l’insertion sociale et professionnelle de tous.
Il donnera à chacun les moyens d’exercer sa citoyenneté.
Les établissements scolaires sont ordonnés à la transmission de connaissances et de méthodes de travail.

Trois objectifs généraux caractérisent les finalités de l’EPS aujourd’hui. Ils sont ainsi énoncés par l’inspection générale :

« ... développer... les qualités organiques, foncières, et motrices. »
« ... permettre l’accès à la culture en assurant l’appropriation de pratiques corporelles et notamment de pratiques sportives et d’expression qui constituent des faits de civilisation. »
« ... offrir à chacun, outre les connaissances permettant une meilleure pénétration du tissu social et culturel, celles concernant l’entretien de ces potentialités et l’organisation de sa vie physique aux différents âges de son existence. Santé, sécurité, solidarité, constituent des préoccupations éducatives transversales toujours présentes. »

Les APS sont aujourd’hui des moyens que doit utiliser l’EPS pour remplir les missions d’éducation qui lui sont assignées. Le sport (les APS) ne doit plus être enseigné pour lui-même, mais pour remplir les objectifs qui le transcendent.

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Fin de la 1ère partie d'un mémoire en comptant 3 pour un total de 60 pages. (Note optenue à l'écrit 14.5/20) -

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