Il est possible de concevoir 2 conceptions
de la notion de perfectionnement en Karaté. L'une que je qualifie
de pédagogique parce que plus en rapport à
une interprétation didactique de l'activité,
l'autre que je qualifie de traditionnelle parce que
plus en rapport à une conception culturelle du
Karaté.
I - CONCEPTION PEDAGOGIQUE DU PERFECTIONNEMENT
Le perfectionnement
ne s'exerce que sur des acquis.
Au regard de la nature de l'activité karaté
et de ses enjeux (cad ceux développés par
sa méthode d'enseignement), les 1ers apprentissages
portent sur l'acquisition des critères de réalisation
technique (Critères Posturaux et gestuels)
: Le modèle
traditionnel d'enseignement du karaté prévoit
d'abord que l'élève apprenne à réaliser
une technique sur le plan gestuel avant d'apprendre à s'en
servir.
Conséquence : Enseigner la gestualité d'une
technique n'est pas de l'ordre du perfectionnement et
ceci quelque soit le profil de cette technique (De base
ou avançée, cad en référence
aux Kata de base ou supérieurs).
Pour affiner la compréhension du seuil de perfectionnement
(cad, cerner la frontière entre 1ere acquisition
et perfectionnement), il est nécessaire de définir
sur le plan pédagogique, la notion de technique
en Karaté.
Définition de
la technique
Une technique en karaté est une action mettant
en jeu un certain nombre de principes d'action visant
à résoudre un problème lié
à l'opposition avec un ou plusieurs partenaires.
Une technique en karaté est la
gestion simultanée des principes d'action
suivant : La vitesse, la distance, la précision
et le respect des critères
de réalisation gestuelle. Dans le cas des techiques
de pied, l'équilibre est un principe d'action
supplémentaire
qui vient s'ajouter à cette liste.

Cette définition englobe tous les
paramètres de réalisation d'une technique
en Karaté. Même si la stabilité par
exemple est un principe d'action que l'on peut identifier
dans certaines techniques, elle ne l'est pas pour toutes
les techniques de karaté (Oï Komi par exemple).
Remarque : Les 3 DVD "La
voie pédagogique" précisent
cette définition et mettent en scènes
plus de 170 exercices s'appuyant sur cette logique
pédagogique.
Où
se situe le seuil de perfectionnement au regard de cette
définition?
Rappel : "Au regard de la nature de
l'activité karaté et de ses enjeux (cad
ceux développés par sa méthode d'enseignement),
les 1ers apprentissages portent sur l'acquisition des
critères de réalisation technique (= 1 des
principes d'action intégré dans la définition
ci-dessus)"
Le seuil de perfectionnement
se situe donc après cette première
acquisition,
c'est à dire une fois que les critères de
réalisation gestuelle des techniques sont acquis
(Chemin moteur des bras ou des jambes, placement du corps,
configuration gestuelle et posturale du mouvement).
En d'autres termes, le
perfectionnement débute dès lors que la
technique est mise en situation, c'est à dire COMBINEE
aux autres principes d'action : La vitesse, le distance,
la précision + l'équilibre pour les techniques
de pieds.
Les assauts conventionnels sont les outils
de perfectionnement technique par excellence (Consultez la rubrique annalyse des sujets si rapportant) puisqu'ils favorisent
une mise à l'épreuve progressive des techniques
acquises sur le plan gestuelle. Le Kyhon quant à
lui est l'outil idéal pour les acquisitions gestuelles.
Le Kata pour sa part se situe entre le Kyhon et les assauts
conventionnels puisqu'il est un outils d'acquisition technique
chez les débutants et de perfectionnement pour
les autres (Répertoire tactique).
II - CONCEPTION TRADITIONNELLE DU PERFECTIONNEMENT
Selon cette conception,
la logique est plus simple et radicale : Tout ce qui
dépasse le stade
de préparation au 1er dan devient du perfectionnement.
En d'autres termes, tout ce qui est en dessous du 1er
dan et cela jusqu'à son obtention est de l'ordre
de l'apprentissage du minimum à ACQUERIR pour
entrevoir un perfectionnement.
Dans ce cas, le perfectionnement commence
une fois le 1er dan ACQUIS (cf/voir programme des Dan).
Conséquence : Une question de type
"perfectionnement des Kata de base" n'a de sens
que si l'élève est au minimum 1er dan.
Enjeux pédagogiques : Selon le principe
traditionnelle que traduit normalement le programme de
passage des Dan, le Ippon Kumité par exemple, retenu
comme assaut conventionnel du tronc commun du Shodan,
n'est pas un outil de perfectionnement alors que le Jyu
Ippon Kumité (AC du passge du Nidan) le devient.
Etc...