Par le terme "d'étude",
on peut concevoir 2 approches : L'une gestuelle : Etude
du diagramme technique
du kata, l'autre tactique : connaissance du kata en terme
d'application.
1- Etude des contenus techniques :
La différence qu'il existe entre l'étude
d'un kata supérieur et celle d'un kata de base
se situe autant dans l'acquisition des enchaînements
et leur compréhension que la capacité du
pratiquant à pouvoir mettre en oeuvre des enchaînements
d'actions élaborés.
Cependant, qu'est-ce qui différencie l'élève
devant l'étude d'un kata supérieur? Il n'est
pas sensé être débutant face à ce
type d'apprentissage. Ceci signifie plusieurs choses
:
- qu'il a acquis une expérience sur le plan de
l'apprentissage des katas. En d'autres termes, l'élève
a développé des stratégies d'apprentissage
que le débutant n'a pas encore (Mémorisation
plus rapide du kata - anticipation sur les intentions
: connaissance des principes d'action - gestion améliorée
des repéres spatiaux, connaissance technique)
- Alors que le débutant est dans la majorité
des cas, simultanément confronté à
l'apprentissage du Kata et des techniques qui le compose.
L'élève de niveau avancè quant
à lui, mémorisera le kata directement
à travers les enchaînements de technique
qui le compose (Le Kata n'est plus la somme de techniques,
mais la somme d'enchaînements). Il a en principe
moins de chose à mémoriser (Mais une grande
majorité des Kata supérieurs sont plus
long que les Kata de base. Ce qui est une différence
non négligeable sur le plan pédagogique
-> Ne pas commencer à les enseigner trop tôt,
du moins tant que les techniques qui le compose ne sont
pas + ou - automatisée.
En résumé, selon le principe traditionnel
d'enseignement du karaté, l'étude des kata
supérieurs est réservée aux élèves
ayant acquis les katas de base :
- Les élèves ne sont plus des débutants.
L'enseignant peut s'appuyer sur leurs expériences
tant sur le plan de l'acquisition technique que de la
stratégie d'apprentissage (L'étude se
fait à partir des acquis).
Il y a cependant, une question importante à laquelle
nous nous devons de chercher des éléments
de réponses:
Y-a-t-il une classification des kata
supérieurs
qui en favorise l'apprentissage?
A cette question, nous pouvons répondre partiellement,
oui. Il suffit de regarder les contenus imposés
pour l'examen des "dan" pour comprendre qu'une
classification existe. Cependant, ces contenus respectent-t-ils
une logique de progression en terme d'apprentissage?.
L'exemple de Kankudaï ou Kosokundaï nous renseigne.
Ce kata est reconnu comme l'association des kata de base.
Découpé en 5 "morceaux" pour en
favoriser l'apprentissage, ils caractérisent une
logique de progression visant l'enseignement de Kanku
Daï (ou sa correspondance selon les styles). Viennent
ensuite l'enseignement de Bassaï daï et Tekki
ou Naifanchi shodan selon le style, car contenus dans
le programme de l'examen du 1er dan.
Les Kata supérieurs selon la classification par
grades deviennent complémentaires sans vraiment
entretenir une logique de progression. Les seules véritables
hypothéses que nous pouvons avancer sur le plan
de la classification des kata en Karaté serait
que :
- Les Kata supérieurs s'apparentent plus à
des outils de perfectionnement technico-tactique alors
que les kata de base seraient des outils d'apprentissage
technique. Kanku Daï en serait le kata de liaison.
- Chaque kata supérieur serait la pièce
d'un puzzle dont la somme réduirait les incertitudes
du combat libre.
Kata avancés ou Kata supérieurs? Nous entendons
souvent dire que Bassaï daï, Kanku daï
et Tekki shodan et leurs correspondants dans les autres
styles sont des katas avancés plutôt que
supérieurs. Associés à la préparation
du 1er dan, est-ce la représentation due à
ce grade comme certificat d'acquisition des bases qui
situe cette acception ou plutôt un réel niveau
de difficulté intermédiaire? Joroku destiné
au 3ème dan en Shyto-ryu par exemple, est-il plus
complexe que Kosokundaï inscrit au programme du 1er
dan? Personnellement et peut-être aussi pour ceux
qui connaissent ce kata, la réponse est non. En
d'autres termes, la notion de kata avancés ne
veut pas dire grand chose (ceci est seulement un point
de vue
personnel).
Cependant, la conséquence directe
d'une telle interrogation aura pour effet d'éviter
au candidat de faire un hors sujet, si durant sa
formation, l'accent est mis sur le fait que Bassaï daï, Kanku Daï
et Tekki Shodan, ou leurs correspondances selon les styles,
ne sont pas des kata supérieurs mais seulement
des Kata avancés. (A chacun son opinion - mais
dans le cadre d'un examen, je vous suggère de suivre
l'avis du jury, après ça, vous pourrez
toujours voir la chose autrement).
De plus, n'oublions pas que se sont aussi
les modes compétitives
qui vont dans une certaine mesure orienter cette classifcation.
La quantité des éléments techniques,
leurs complexité en terme de liaison sont dans
ce cas des éléments de classification. Elle
n'est donc plus équivalente à la classification
qu'induit les dan. Pour preuve :
- Joroku, Sépaï, Jion, Empi et j'en passe,
sont des katas inscrits au programme des examens de
grades supérieurs ou égal au 2ème
dan, mais font aussi partie de la liste minime en compétition
kata. Hors, Les règlements de compétitions
précisent des critères d'évaluation
identiques à ceux des examens des dan sans pour
autant les accorder à un minime qui répondrait
à ces critères en compétitions
(Equivalence grades-championnat).
En d'autre termes, c'est à l'enseignant de justifier
une fois encore ses intentions éducatives. Ici,
le sportif et le traditionnel n'ont pas les même
enjeux.
La problématique du Kata est complexe, car si
sa justification est purement admise sous son acception
originelle comme répertoire techniques et tactiques,
son introduction dans le champ de la compétition
n'est donc pas pertinente et brouille même les pistes
: La logique de l'activité se disperse. Et par
"étude d'un Kata supérieur", il
devient alors pleinement justifiable devant un jury de
traiter le sujet en développant un objectif de
type "Préparation à la compétition
Kata".